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Bienvenue sur LECLA l'affreux. :gangster: :chris: :gnih:


Un topic des RPs libres a été mis en place ici ! Allez j'ter un oeil. :hin:
Nous attendons avec impatience nos bébés prédéfinis, ils sont coolish vous verrez ! :ivil: :raff:



C'est la dèche chez les Muffled Necks essayez de renflouer un peu leurs rangs. :chica: :ivil:


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 Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.

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Les rois du royaume branlant

≈ ARRIVÉE : 14/05/2015
≈ IMPACTS : 110

≈ AVATAR : Thomas Brodie-Sangster
≈ ÂGE : 18 ans
≈ MÉTIER : Coursier pour les serpents italiens
≈ DES ARMES ? : un revolver planqué dans la ceinture. une mite de plomb coincée contre l'oreille. un carnet entre son coeur et sa chemise.
≈ GANG : Silver Snakes



MessageSujet: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Ven 22 Mai - 21:10

You like the hit and run. You say it's all for fun. You think that I'm the one for you
C’est en descendant la rue que je me rends compte. Je me rends compte qu’il n’est pas là où il est supposé être, c’est-à-dire, dans le coin de cette ruelle. Alors je m’appuie contre un mur et je sors une des clope de ma poche. J’hésite à la grille. Elles sont rares de nos jours, alors je les économise. Je reste de marbre, observant les passants. Je dois livrer deux billets de la part de deux contrebandiers, qui opèrent au fin fond de la forêt, plus loin. J’ai demandé une bicyclette, ils ont dit non paye la tout seul, j’ai répondu qu’avec ce que je gagnais je pourrais m’en acheter une quand je serais plus en âge de monter dessus. Ils ont ri, mais franchement c’était pas censé être drôle, je les ai regardé, blasés, ça les a calmé. Ils ont répondu que j’aurais pas de bicyclette. Ils ont aussi dit que ces messages n’étaient pas très pressés, donc je prends mon temps. Je sais qu’à cette heure tardive de la soirée, ce genre d’heure où le soleil va bientôt se coucher, où les honnêtes gens rentrent dormir chez eux, c’est là qu’il opère. Il se place dans la ruelle, et il attend qu’un type passe sur la chaussée pour le suivre, discrètement, le détrousser. Il est plus malin que ce que je n’aurais pensé. Mais si je suis là ce soir, c’est vraiment pas pour l’aider. Pour l’emmerder, comme d’hab, demandez pas pourquoi, ça me plait de savoir que ce mioche (oui à quinze piges on est encore un gamin) peut pas m’encadrer, que c’est réciproque et que les choses sont ainsi faites qu’une routine s’est installée. Il la manque rarement. Moi en revanche, ce rendez-vous implicite n’est pas ma priorité. Mais quand je m’y pointe, je l’attends. Il devrait être là. Je sors mon carnet, attrape la mine dans plomb qui caresse mon oreille, et griffonne rapidement son absence à l’heure. Je replace le carnet, après avoir vérifié que je suis bien à jour dans toutes les livraisons. Puis je visse ma casquette sur mon crâne, en observant le crépuscule disparaitre pour laisser placer à la nuit. Il va commencer à faire froid, les nuits de Mai sont glaciales depuis quelques années, ça ne va pas en s’arrangeant. J’ai l’air d’une foutue vioque du troisième âge quand  je pense comme ça, du style, on a pas vu ça depuis l’hiver 74. En 1874, les choses devaient être bien différentes. Déjà les gosses comme lui et moi n’avaient pas de boulot. Pas les boulots comme ça. Pas les boulots qui nous font nous sentir un peu important. C’était autre chose.
Je me décide à griller la clope, finalement, tirant dessus sans nervosité. Il me rend pas anxieux ce gosse, il me les brise. Je pousse un très léger soupir, prenant la décision de m’engager dans la ruelle. S’il n’est pas la, tant pis pour lui, j’vais me balader un peu un point c’est tout. Je comptais pas dormir cette nuit de toute manière.
La ruelle est sombre, tout est sombre, mais lorsqu’on vit autant la nuit, on apprend à développer la vision nocturne. Je connais la ville. Bien. Un véritable dédales de ruelles qui s’enchainent maladroitement les unes sur les autres. Parfois il faut escalader des murs ou enjamber des palissades, passer dans des courettes inoccupées, ça fait des raccourcis, c’est plus simple. C’est ce que je fais, sans vraiment me poser de question. Les rues s’enchainent, à mesure que ma clope se finit. J’suis blasé, j’aurait bien aimé l’emmerder ce soir en réalité. Ca fait partie des plaisirs de la vie vous savez ? Et je finis par arriver sur les entrepôts, longeant le canal. Il y en a un, abandonné, et je prends la décision d’y monter pour observer un peu la ville, dans son habit de deuil. Rapidement, j’escalade par derrière, m’agrippant à une poutre, m’accrochant à une gouttière avant de me hisser sur le toit. Je monde, plus haut, face à la lune. J’enlève ma casquette. Mon regard se fixe.
« Yo. »
Ouai, je salue la lune, y’a des trucs comme ça. Je m’assois en haut du toit, et grille une nouvelle clope. En contrebas, j’entends des voix, sarcastiques, des menaces aussi. Rien à battre. Je tire sur ma clope, content, et tant pis pour les bonnes résolutions, du j’me rationne. La guerre est finie merde. C’est des voix grave. Qui posent des questions. Et puis soudain, un autre timbre se fait entendre. Pas assez grave pour être celui d’un homme, pas assez aigue pour être celui d’un enfant. Mais y’a pas de doute, c’est bambino. Je fronce les sourcils en me penchant, pour regarder la scène d’en bas. Je le vois lui, qui a les mains sur la tête, sans doute un flingue pointé sur la gueule. Il tourne le dos au canal dans son dos, et fait face au mur. Les deux autres mecs sont cachés par le haut-vent, mais j’entends bel et bien leurs voix. Je me penche un peu plus. Il parle, je capte rien de ce qu’il dit. Je capte juste que les deux mecs sont menaçants. Que ça vaudrait peut-être la peine que je le sorte de ce trou à rat. Parce que bon l’emmerder et le détester c’est une chose, le laisser crever, c’en est une autre. Il a vraiment décidé de ruiner ma soirée.
J’éteins ma clope, puis sans un bruit dévale l’autre côté du toit. Je repère un mur propice à l’escalade puis parviens à descendre sans me faire repérer, sans faire le moindre bruit. Et là, j’arrive derrière les deux mecs, tous les deux face à Eoin. Eoin qui me voit, mais qui a la bonne idée de ne pas faire bouger d’un cran son expression faciale. Il est discret, comme moi, il sait à quel jeu jouer. Rapidement, je me décale pour me placer derrière les deux hommes. Je sors mon flingue, que je pointe sur le plus grand. Je visse bien ma casquette sur ma tête, de manière à ce qu’ils voient à peine mon visage. Ma voix porte à peine, mon accent me trahit, mais c'est assez fort pour qu'ils l'entendent.
« Tu bouges, j’te tue. »



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FALLING SLOWLY, EYES THAT KNOW ME.
I wanted to live deep and suck out all the marrow of life. To put to rout all that was not life; and not, when I had come to die, discover that I had not lived.
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Les rois du royaume branlant

≈ ARRIVÉE : 05/05/2015
≈ IMPACTS : 275

≈ UN AUTRE : samuel hancock pour vous servir.
≈ AVATAR : david mazouz.
≈ ÂGE : 15 ans.
≈ MÉTIER : pickpocket au service des peaky, petite frappe, raclure, ordure, les surnoms sont divers et variés.
≈ DES ARMES ? : un revolver, quant au modèle il en sait foutrement rien.
≈ GANG : il y pensait pas grand-chose avant d'en intégrer un, depuis il s'y sent bien, poisson dans l'eau il souhaite pas se tirer de sa grande famille de bookmakers. De toute façon, il a signé le contrat, il peut plus faire machine arrière, il est des Peaky jusqu'à sa mort.



MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Ven 22 Mai - 23:03


Raffaele et Eoin


C'est comme ça que ça doit se finir ? Vraiment ? Il y croit pas un mot, il veut pas prendre en considération les paroles de sa petite voix qui lui marmonne des mots doux à l'oreille. Il s'est fait avoir, il s'est fait choper et pas par n'importe qui en plus. Pourtant ça l'empêche pas de garder un sourire d'idiot collé à la gueule, il pince sa lèvre inférieure une fois puis deux en zieutant avec attention le revolver qui lui est pointé sous le pif. Il va y passer, peut-être même qu'on retrouvera son cadavre que dans quelques semaines, quand il se sera bien fait bouffer par les poissons ou les algues carnivores. Il veut pas que ça se termine comme ça. Pour tout avouer, il y croit pas pour un sou, Eoin. Y'a toujours un truc qui vient lui sauver les miches à la dernière minute, si c'est pas la Miss avec ses airs de grande dame, alors c'est un type du gang qui passait par là. On l'abandonne pas, le pickpocket, jamais. C'est simplement un retournement de situation, un moment complètement déphasé, il avait à peine tourné le dos qu'il s'était retrouvé ici, avec les deux bougres d'idiots qui s'attaquent à un môme de cette manière. Ils ont la même dégaine que des poivrots en manque de leur bouteille. En plissant un peu les prunelles, il peut se souvenir de l'un, pas de l'autre. Il s'en souvient, il lui a chouré une vieille montre y'a quelques semaines de ça, qu'il a revendu une petite somme d'ailleurs. Il doit lui en vouloir, à qui ça appartenait cette babiole ? Sa soeur ? Sa mère ? Son père ? Du peu qu'il s'y intéresse, il fait que soupirer alors qu'il a de toute façon aucun moyen de bouger le moindre petit doigt, auquel cas il fera feu. Dommage, c'est une belle soirée qui s'avère propice aux amoureux sous la lune, aux crapules sous les étoiles et aux pauvres se nourrissant de cette lumière effacée. Raclant sa gorge, ils marmonnent quelques phrases plus loin, sans que l'adolescent leur accorde une attention particulière, il sort malgré tout assez rapidement de sa torpeur en entendant brailler fort - trop fort d'ailleurs. « T'as intérêt à m'la rendre ou j'te jure que j'te plombe. » C'est donc ça. Il prend la mine pensive avant de tirer une moue révélatrice. Il peut plus rien y faire. Ce doit être un Wickham qui la porte, ou alors un autre fortuné de Birmingham qui est tombé sous le charme de l'objet. Qui saurait le dire ? Il suit pas, il fait que prendre sans demander la permission, c'est pas dans les cordes de ce violon désaccordé de s'intéresser à ce qui le concerne pas. Tu dois tracer ta route morveux, lui avait affirmé un jour un membre du gang, il était pas méchant d'ailleurs, jusqu'à ce qu'il se fasse prendre dans une bagarre de pub et qu'il en passe l'arme à gauche. Paix à son âme. Il lui adresse une petite prière, marmonne un baratin dans son menton imberbe puis hausse les épaules avec toute l'insolence dont il est capable. « J'sais pas où elle est s'tu veux tout savoir, dans la poche de quelqu'un d'autre sûrement ! » Il s'enfonce alors qu'il devrait supplier. Il se perd alors qu'il devrait se mettre à genoux. Plutôt crever la gueule ouverte dans ce cas, sur ces pavés sales qui puent les rats dévorés, la pisse et l'alcool bon marché. Celui qui tient l'arme avance, pendant que l'autre reste à l'arrière. De marbre, sans ciller, son palpitant vient se mêler à la peur qui lui tortille les entrailles en même temps que cette adrénaline semblable à l'euphorie. Il pourrait exploser d'un rire gras, le Murdock, sauf qu'il se retient sous peine de se faire casser les dents avant d'avoir pu dire amen. « MERDE GAMIN, déconne pas ou - » « Finn c'était p'tête pas - » « SI. Si c'était lui, j'l'ai vu, avec sa taille de lutin et ses foutues mains baladeuses ! P'tain tu vas m'la r'donner, TOUT D'SUITE. » Fort bien, se faire comparer à un personnage fantastique est aussi plaisant que d'être perçu comme étant un monstre. Grimaçant uniquement à cette injure qui se dissimule sous une incapacité qui crève les yeux à faire de la répartie, ses paupières se ferment naturellement. Lui qui aurait pu se grouiller les miches et croiser l'autre, lui qui aurait pu passer une heure sacrée à se planter des couteaux dans le torse avec l'autre. L'autre, il serait bien utile d'ailleurs. L'autre, il est jamais là comme il faut, le chat noir Italien aussi poisseux qu'un gitan et agile que ses congénères. Dire qu'Eoin se voyait claquer des mains de Riva, peine perdue, ils sont passés avant lui. C'est ça le retour de la pièce, la flamme qui lui crache à la gueule ses magouilles, ses insultes, son manque de précieux alors que Birmingham est tout sauf faite pour accueillir des êtres de ce genre. C'est qu'une âme souillée, un esprit dévergondé, de ceux qui se demandent plus de quoi est fait le lendemain.

Et le loup il arrive toujours la queue entre les jambes quand on y songe une seconde, quand on le demande surtout, il hurle sous l'astre d'argent avant d'attaquer de sa grande gueule quiconque souhaite mettre les griffes sur sa proie avant lui. Il défend son territoire, son bout de viande bien saignant. Eoin, il le croise son foutu bestiau. Même qu'il évite de tirer ses traits en une surprise, ça le trahirait trop alors qu'actuellement le rital coursier prévoit de le sortir de sa mouise. Il le remerciera peut-être, quand il agonisera dans sa tombe. Faisant mine d'écouter les deux gus qui se chamaillent, ils s'effraient à l'entente d'un timbre à peine plus profond que le sien. Enfoiré de Riva. Un sourire s'étale sur ses lippes gercées par le froid, machinalement ses assaillants se retournent en pigeant même pas ce qui arrive. Dieu soit loué. Ou plutôt soit loué Raffaele qui lui colle aux pompes presque autant qu'un clébard crevant la dalle. L'un comme l'autre, ils ont pas eu leur dose. C'est addictif, c'est tuant, c'est nocif, pourtant après une bonne entrevue ils se sentent mieux dans leurs beaux fringues, ils se sentent d'attaque pour reconquérir le trône d'Angleterre. Y'a pas de logique, y'en a jamais eut, et ça vaut mieux comme ça. « Tu t'fous d'ma gueule ? C'est la cavalcade qui arrive ?! » Vraisemblablement, oui. Il en est fier, même plus amusé que d'habitude. Il a encore de chouettes années devant lui dans ce cas, ou du moins un mois, une semaine, une heure, c'est déjà bien suffisant pour lui éclater son sarcasme dans un coin de sa trogne trop lisse. C'est le moment d'agir, le fatidique qui doit pas être loupé ; sinon aucun moyen de se barrer en fine fleur. Sans penser plus longtemps, ses pas rapides mènent sa carcasse vers le bonhomme armé qu'a pas le bon réflexe de l'envoyer dans l'eau. Au contraire, il en profite alors, pince la manche de son manteau avant de tirer de toutes ses forces, tout en alliant bien sûr à cette petite manoeuvre un croche-pied bien placé qui le fait subitement tomber lamentablement en arrière. Un coup de feu part dans les airs, vide, avec de la chance il a peut-être dégommé un piaf nocturne. Son compère est assez stupide pour courir vers lui, vérifier qu'il s'est pas cassé le dos, une jambe ou qu'il lui a pas planté une lame entre les omoplates. Eoin, quant à lui, il s'en cire comme de sa première chemise, sans plus de cérémonies il agrippe le poignet de son sauveur du Dimanche pour se ruer comme une furie à l'arrière des entrepôts. Bang, encore, il doit s'énerver avec son jouet pendant que les deux plus jeunes se trouent les poumons avec l'air glacial qui accompagne le silence de leur galopade. C'est pire qu'avant, c'est pire que tout, c'est de la désillusion qui frappe dans ses veines. Il sait pas combien de minutes se déroulent, il s'en tape, il le lâche pas, il pense pas, il arrête de faire la bataille jusqu'à ce qu'ils se trouvent un bout de planque, un morceau neutre où rien pourrait leur arriver. Il zieute attentivement à gauche, à droite, il sait pas où il va, il découvre puis subitement s'arrête à l'instant précis où sa gorge commence à lui cramer les cordes vocales. S'adossant à un mur grisâtre, il relâche son emprise sur son aîné et tout en prenant appui sur ses genoux pour reposer ses muscles, il ajoute, bêtement. « Bordel. » Dans toute la splendeur dont il est capable, aucun discernement, encore moins de classe si ce n'est d'apparence. C'est pas le bon gentleman, c'est plutôt le faux qui se camoufle derrière ses dents blanches pour attirer la sympathie. Puis ses nerfs se mettent à lâcher, il éclate d'un rire au départ étouffé par ses lèvres qui se dévorent entre elles. Pourquoi se retenir ? C'est pas Raffaele qui va lui apprendre la leçon de l'existence, encore moins comment se comporter. Faut que ça sorte, c'est aussi nerveux que rassuré, ça vaut le détour, son pesant en or qui dégage sa part d'enfant qui lui reste un peu dans ce squelette déjà trop grand. Ses épaules se meuvent de haut en bas, pendant ce temps ses yeux clairs s'éternisent sur le sol, jusqu'à ce qu'enfin, à peu près calmé, il croise la sienne de porte. Aussi sombres que du charbon, que les balles d'un flingue bien calibré. Il y aperçoit pas grand-chose là-dedans, si ce n'est une lassitude transformée en obligation de se traîner ici ou là. « T'sais quoi Riva ? Pour une fois j'suis presque content de t'savoir dans les parages. » Parce que faut pas trop se créer des chimères non plus. Il peut pas le voir en peinture, même pas dans une flaque de flotte, c'est pas demain la veille qu'il lui fera un compliment digne de ce nom. Sauf qu'Eoin, finalement, il doit bien l'apprécier, sans trop se remémorer le pourquoi du comment ils en sont arrivé là. Il fait partie de son quotidien, ses habitudes les plus salaces, sordides, pas les plus flatteurs, pourtant ça s'incruste et ça veut plus partir. Il peut pas passer se dire qu'il disparaître un jour. Il est increvable, l'Italien, il vaut mieux que les raclures ridicules qui tentent de mettre un pied devant l'autre. De la même trempe, fabriqués dans la même substance que les cauchemars, cette forme étrange, cette ombre qui danse. « En toute franchise, j'pensais que t'allais admirer ma cervelle se faire exploser, pas qu't'allais m'sortir de là. » Pause, il croit avoir trouvé l'eurêka. « Oh. P'tête que c'est c'que tu comptes faire maint'nant. Avant, tu permets que j'fasse mes derniers adieux ? » C'est que du flan, de la rafale aussi déconcertante qu'un comptable qui se plante dans ses calculs. C'est comme ça qu'ils marchent, qu'ils fonctionnent, qu'ils arrivent pas à s'arrêter, la machine, l'usine elle fume depuis des lustres, chauffe à outrance, attaque, se défend dans sa grandiose mécanique. Et ça leur convient, à eux et leurs rouages rouillés.

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j's'rai content quand tu s'ras mort Vieille Canaille
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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Ven 22 Mai - 23:40

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La cavalerie t’emmerde jeune homme. Ils ont quel âge à peu près ? La trentaine bien tassé. Au moins le double de mon âge donc. Et le triple de celui d’Eoin. J’exagère à peine, arrêtez de prendre la défense de ce gosse, sincèrement il fait douze ans entre nous. Ouai, et moi j’en fais quinze, chacun son truc. Bref. On est sans doute trop jeunes pour ces conneries. Pourtant On a tous les deux un flingues soit à la ceinture, soit entre les mains, pointé sur la gueule d’un mec qui ne m’a concrètement rien fait. Il a rien fait non, sa gueule ne me revient juste pas, et pis surtout il menace Eoin. En soit c’est pas grand-chose, que ce mec crève ou non, bon, c’est peut-être pas une si grande peine. Ce serait plutôt que ça m’emmerderait. Ouai, ça m’emmerderait d’avoir plus personne à emmerder concrètement. J’en pleurerais pas. J’viendrais sans doute pas à son enterrement. Les choses sont ce qu’elles sont voila. Sans chercher à trop se creuser la tête ça sert à rien, c’est comme ça, ça me va très bien. Et visiblement va très bien aussi à Eoin, qui me regarde. Echange entendu. Vaguement, alors que les deux mecs sont tournés vers moi, je ne perds pas mon sang froid, garde la tête assez baissée pour qu’ils ne voient que mes cheveux blonds qui dépassent de la casquette. Seul signe distinctif. Pourtant j’en garde un en ligne de mire. L’autre pourrait me mettre en joug, et il va le faire, il va le faire jusqu’au moment où Eoin se met enfin en action. C’est rapide, on peut au moins lui accorder cette capacité. Sa vélocité. On est pareil sur ce point. Mais lui dites surtout pas que j’ai dit qu’on était similaire, il le prendrait mal, et mon égo aussi. J’ai à peine le temps de le voir attraper la manche du mec, lui assener un violent coup de pied, puis entendre un coup de feu. Déjà il est à terre. Je garde l’autre mec en joug, jusqu’à ce que ce type se précipite vers son compère, sans doute l’amour de sa vie, pour vérifier qu’il n’est pas blessé. Déjà je croise le regard d’Eoin. Il m’attrape la manche. Et on sait tous les deux ce qu’il faut faire, on sait aussi tous les deux qu’on ferait pas le poids contre des mecs qui font deux fois notre âge et notre poids. Alors on fait ce qu’on fait de mieux.
On s’élance.
On court aussi vite qu’on peut, aussi vite que possible. Et on dépasse le possible, on dépasse nos limites, comme à chaque fois, comme chaque jour. On sent l’air qui nous troue le cœur, on s’en l’air qui nous troue les poumons, nos soufflent qui écrasent la nuit. On entend des impact de balle sur la toile nocturne. Pourquoi ruiner une si belle toile de maitre. Ca me traverse l’esprit un quart de seconde, mais déjà, je continue de courir, et j’me sens voler. J’me sens presque décoller. Ils nous arrivent pas à la cheville. Ils nous rattraperont jamais. Ils nous auront jamais. Ca m’ferait presque sourire, si seulement mes lèvres étaient pas collées , incapables de bouger, incapable de rien, incapable de tout. On court plus vite, et rien ne nous arrête.
C’est peut-être pour ça que j’ai pas envie qu’il ait la cervelle éclatée, éparpillée sur le canal. Parce que sinon j’aurais plus personne pour courir aussi vite que moi, et j’me ferais bien chier.
Il bifurque rapidement, puis il m’entraine dans un recoin sombre, éloigné du canal. On s’enfonce dans l’entrepôt, et pour peu qu’il appartienne à celui de ces foutus juifs, je suis mort. Mort de chez mort. Et je mourrais certainement pas pour ce gosse, vraiment pas. Il s’appuie contre un mur, et moi je reste là, dans l’encadrement de la cloison, alors que le canal n’est qu’à une cinquantaine de mètres. Assez loin pour qu’on ne nous entende pas. Pas assez loin pour qu’ils ne nous trouvent pas.
« Bordel. »
Je fronce les sourcils en regardant vers l’extérieur. Va falloir qu’il la ferme. Le bruit de nos respirations cache le bruit de la course, des cris éventuels de nos poursuiveurs. Je tends l’oreille. Il a l’obligeance de se taire, jusqu’à … Jusqu’à ce que je n’ai parlé trop vite et qu’il explose littéralement de rire. J’ai à peine le temps d’entendre le bruit de la cours des deux hommes, qui passe, au loin. Ils vont dans la mauvaise direction. On est tiré d’affaire. Bel et bien. Et pourtant il peut pas s’empêcher de rire comme … Y’a aucune comparaison possible pour décrire ce rire. Ce rire d’emmerdeur, d’imbécile heureux qui m’horripile à un point que je saurais pas vraiment donner. Il rit si fort que ça résonne dans tout le vaste endroit où ils se trouvent.
« T'sais quoi Riva ? Pour une fois j'suis presque content de t'savoir dans les parages. »
J’hausse un sourcil. Sans moi tu s’rais probablement en train de nourrir les poissons du canal, un merci ça t’écorcherait la gueule ? Je dis rien. Il vaut pas la peine que je parle pour ça. Je détaille d’un œil distrait l’endroit où nous avons atterri. Une sorte d’atelier. Immense. Sans doute un lien de production à la chaine, si immense que son rire résonne encore à l’autre bout de l’atelier. Je lui tourne le dos.
« En toute franchise, j'pensais que t'allais admirer ma cervelle se faire exploser, pas qu't'allais m'sortir de là. »
Je tourne légèrement la tête, d’un quart de tour, pour l’avoir vaguement dans mon champ de vision, lui lancer un regard noir. Je passe une main sur ma casquette, histoire de la revisser sur mon front. J’ai des yeux noirs, qui doivent être pratiquement indiscernables dans cette obscurité. J’hausse de nouveau un sourcil. Mon air cynique se fait entendre.
« J’adore bouleverser tes pronostiques, tu d’vrais commencer à le capter non ? »
Non visiblement, c’est encore qu’un gosse qui pige rien à rien. J’ai qu’une vague idée de son âge, mais aucune doute qu’il est plus jeune que moi. Qu’il a rien à faire dans une organisation comme celle des Peaky Blinders. Des fois je m’demande vaguement pourquoi … On en est là. Et j’me souviens, les questions ça embrume la tête et ça t’empêche de faire ton job.
« Oh. P'tête que c'est c'que tu comptes faire maint'nant. Avant, tu permets que j'fasse mes derniers adieux ? »
Je me retourne vers l’atelier, poussant un soupire vaguement amusé. Vaguement étant le mot important de la phrase. Je tire mon carnet et ma mine du carnet. Je le tourne, à l’envers. L’envers, ce sont mes propres observations, l’endroit, c’est le boulot. On est où là concrètement ? J’écoute vaguement ce qu’il dit, répondant, assez fort pour que ma voix résonne :
« Fais fais, j’t’en prie, j’ai bien envie d’t’tendre implorer ma pitié. »
Mon accent résonne, fort. L’attention distraite par le lieu. Ca vaut le coup d’y faire un tour. Sans prévenir, je me mets en marche. Je lui jette un vague coup d’œil, par-dessus mon épaule.
« Tu comptes dormir ici ? Rapplique, j’suis curieux d’savoir comment tu t’es r’trouvé devant le revolver d’ces deux types. »
D’un coup de menton, je l’intime de me suivre. Histoire qu’il parle. Il a beau m’emmerder une large majorité du temps, il a plus de répartie que le silence.



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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 23 Mai - 0:55


Raffaele et Eoin


Tous les chemins mènent à Riva. C'est un fait dont la petite crapule ne se débat jamais. S'il peut mentir pour avoir la pitié d'autrui, en revanche, à ce sujet il est catégorique : peu importe l'endroit, il le retrouvera toujours dans un coin perdu de cette ville rongée par des démons aux yeux rouges. Il aura beau le fuir, il le rattrapera, lui aussi pourra trouver des alternatives, se cacher, ce ne sera pas le temps d'une éternité, seulement de quelques pauvres heures d'un répit bien accordé. Il y a de ces êtres dont finalement il est impossible de se débarrasser, ils collent, semblable à des sangsues ils brûlent comme apaisent des douleurs internes qui ne se voient plus. Ils s'occupent, passent l'un à côté de l'autre tout en se crachant joyeusement à la gueule un poison cinglant, nocif. Il doit y prendre un sacré plaisir, le Eoin, à continuer malgré tout de ne pas lui crever les yeux avec un couteau de boucher. Il y est attaché, d'une certaine manière, parce que sans lui, il s'ennuierait sans aucun doute. Son quotidien serait morose, à l'image que renvoie l'étendue céleste en cette soirée qui pue les rebondissements à plein nez. Peut-être aurait-il mieux fait de le lancer vers ses assaillants tout en filant comme le vent. Incapable, il n'a pas encore le courage des guerriers qui préfèrent la lâcheté à la solidarité, même si celle-ci est de toute façon singulière et qu'il y sont jusqu'au cou. Ils assument cette situation, aussi bien qu'un mari trompe son épouse, aussi bien qu'une très chère amie qui se plaint de sa proche à une autre. Ils sont conscients, et c'est pas pour autant une fatalité, c'est même tout son inverse, puisque grâce à cette rage constante ils se sortent des situations les plus douteuses. Combien de fois ? Il compte plus. A peu près ? Il saurait même pas le dire, il a juste le rire facile l'adolescent et le remercier ça lui tuerait la gorge autant que la langue, ça l'enverrait directement vers les portes du paradis - lieu qu'il redoute étrangement. L'Italien de toute façon, il est toujours un peu étrange dans sa manière de se comporter, avec ses iris qui renferment toute l'horreur du monde, cette dégaine rachitique et ce manque de bonheur sur sa trogne de bambin de dix ans. Jeunesse ne rime pas toujours avec candeur, Raffaele en est la preuve vivante. Pourrait-il encore seulement le faire qu'il ne serait pas lui, que le courant serait bien passé, trop bien passé, peut-être même seraient-ils les meilleurs amis du monde à l'heure actuelle. Cette idée le répugne, il en mord l'intérieur de sa joue pour se rappeler que cette réalité lui convient très bien. Manquerait plus qu'ils se fassent des politesses, qu'ils se marmonnent des secrets dans les oreilles, qu'ils se confessent des âneries sous un arbre fruitier. C'est pas ça, la vie. C'est dans les livres que ça peut se découvrir, pas à Birmingham. Inspirant profondément, il passe ses mains dans les poches de son manteau, au plus profond, sûrement dans l'espoir de tomber sur un petit trésor. Rien, c'est beaucoup trop bien rangé pour être tenu par un marmot à peine plus haut que trois pommes. Il est plus là, l'enfant. Il est à mi-chemin entre l'adulte et le gazouilleur, le pessimiste et l'optimiste. Quant à l'autre tête blonde, qu'est-ce qu'il en sait ? Il a beau se donner des grands airs, il doit être aussi paumé que lui dans cet immense labyrinthe qu'est celui de la recherche d'un hypothétique bonheur raflé à la naissance par une dame qui se fout encore bien de lui. Il la cherche sa lumière, depuis qu'il sait marcher. Il hurle après sa lumière, depuis qu'il sait causer. Sauf qu'elle est loin, sa lumière, et qu'il la trouvera qu'en taillant son épitaphe.

Fidèle à ce qu'il est, dans toute sa splendeur son interlocuteur le rembarre avec la grâce d'une danseuse de cabaret. Un coup de jambe ici, un autre là, jusqu'à ce que la godasse lui tombe sur le nez et qu'il s'effondre en arrière de sa chaise. C'est assez jubilatoire dans un sens, puisque dans cette joute verbale ils trouvent de quoi travailler, une masse à déglinguer avec des branches solides. Vaut mieux ça plutôt que de s'arracher des lambeaux de chair avec les ongles. Eoin songe un instant qu'il va la boucler, c'est peine perdue ; il enchaîne à nouveau avec son accent à couper au couteau. Nom de Dieu, c'est dingue à quel point ça varie selon - selon quoi, d'ailleurs ? Les saisons ? Son humeur ? C'est pas un piaf migrateur pour autant, juste un étranger qui vaut pas tripettes et qui veut se fondre dans cette grande communauté qui se drogue au thé. Son petit plaisir, ça doit être les pâtes s'il en juge le peu de passages qu'il a fait dans son quartier, là où il y a plus de riches que de pauvres, là où ça commence tout doucement à se dorer sur les dents. Pas son univers, pas sa planète, encore moins sa philosophie. Les Silver Snakes ont pas hérité un nom comme celui-là pour rien, après tout, ils ont de l'influence et leurs membres aussi. Sauf Raffaele, lui il ressemble juste à un orphelin qui donnerait son âme pour une miche de pain. Ne voulant pas trop se perdre dans ce débordement de sentiments trop positifs, il fronce les sourcils tout en essayant de discerner ce qui se trouve autour de lui, sans pour autant prendre une quelconque attention aux deux décérébrés qui courent à l'extérieur. Ils sont à l'abri les morveux, pas au chaud, certes, pourtant ça vaut ce que ça vaut dans l'absolu. Reniflant un peu, peu à peu ses poumons se gonflent à nouveau normalement, alors que son palpitant lui rate parfois des bonds ; délire fantôme qui lui donne l'impression qu'il fait un trop gros effort encore. Son aîné reprend le coche, curieux, sa question passe pas dans l'oreille d'un sourd qui étire encore une fois ses lippes bien roses. Le suivant sans broncher, il en profite pour détailler tout ce qui lui est visible, y'a de la ferraille qui traîne, des cordes qui peuvent faire tomber n'importe qui, des caisses aussi qui s'entassent pour créer une chaîne de montagnes impressionnante. Où est-ce qu'ils ont pu foutre les pieds ? Une vieille usine probablement, ou peut-être qu'elle ne l'est pas autant que ça et qu'il reste dans des recoins glauques des trouvailles à ramener à ses supérieurs. Autant mêler l'utile à l'agréable - même si le second terme est plus que relatif. Prenant un air pensif, le pickpocket se glisse face à un vieux bureau, non loin d'un immense mur. Bois massif, on s'embête plus de nos jours, même avec ceux qui portent des guenilles sur le dos. « J'suppose que la version longue t'intéresses pas. » De toute façon, il s'en souvient pas. Non pas qu'il ait la mémoire courte, mais plutôt sélective, il se débarrasse de ce qui lui est inutile aussi rapidement que possible pour ne pas encombrer sa matière grise de fioritures qui ne méritent pas plus que du dédain. Admirant quelques secondes le travail de chef réalisé sur le meuble, il revient à l'indifférence derechef puis tire sur un tiroir, de la paperasse. Tout en soupirant il reprend le début de sa mésaventure, ou du moins un morceau qui s'étale dans le vent. « Celui qu'arrêtait pas d'gueuler, là. Finn, j'ui ai emprunté une montre y'a - j'sais plus trop en fait. Dans tous les cas, il a pas spécialement apprécié mon intervention. Il m'a attrapé avec - j'sais même pas son nom, non plus - machin. Puis j'me suis r'trouvé dans un cul d'sac. » Il s'arrête, hausse les épaules tout en se mettant à fouiller dans les parchemins qui se craquellent. « Qu'est-c'que tu veux hein, ils ont pas l'sens des affaires. » Pauvre de lui, s'il en était capable il passerait ses nuits à se plaindre face à son miroir de cette injustice constante qui rime avec l'être humain. Rien, toujours rien à se glisser sous les quenottes. Il se baisse un peu plus, un autre tiroir, toujours des écritures, de l'encre sèche illisible qui lui apporte rien de plus si ce n'est une déception de garçonnet, qui pourrait vraisemblablement faire une crise de pas avoir eu ce qu'il voulait. Se grattant l'arrière du crâne, Murdock en vient à enlever sa casquette pour ébouriffer ses tiffes. Il recule de deux pas, repose ses iris sur son partenaire puis, léger, rajoute. « Et toi alors ? Qu'est-c'que tu fiches ici ? J'te manquais tellement qu'tu m'a suivi en bon chien d'chasse ? » Un son, une pique, un baume à la fois. Tout ça, rien qu'à cause d'une seule personne. Y devrait se poser des questions, poser son cul deux secondes sur le sol pour se demander où ils en sont, à se faire ça. Pourquoi surtout. Trop se triturer les méninges ça fait surchauffer tout le système, ça tue le moteur dans l'oeuf et laisse à sa place une fumée noire aussi épaisse qu'une forêt de sapins. Faudrait pas lui donner ce plaisir, à Raffaele. Il veut pas le rendre tout jouasse, il veut tout sauf ça. Même si le voir sourire ça lui fait du bien, même si quand y'a ce pétillement dans son timbre de voix il prend ça pour une victoire. Il a pas à le savoir. Il a rien à savoir de lui, si ce n'est qu'il est là pour pousser sa belle bouille sous l'eau, pour lui glisser des bâtons dans les roues, pour rendre sa tâche plus difficile qu'elle ne l'est déjà. Son arbre de douleur, son monstre qui grogne dans le placard pour mieux le maintenir éveillé. Et lorsque la nuit tombe, les ombres chinoises s'éteignent pour laisser place au croque-mitaine.

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≈ ARRIVÉE : 14/05/2015
≈ IMPACTS : 110

≈ AVATAR : Thomas Brodie-Sangster
≈ ÂGE : 18 ans
≈ MÉTIER : Coursier pour les serpents italiens
≈ DES ARMES ? : un revolver planqué dans la ceinture. une mite de plomb coincée contre l'oreille. un carnet entre son coeur et sa chemise.
≈ GANG : Silver Snakes



MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 23 Mai - 9:51

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Concrètement, l’idée passe dans mon esprit, furtivement, que j’aurais pu crever, là. Me prendre une balle dans le cœur de la part d’un de ces types, et demain, les italiens auraient retrouvé mon corps. Ils n’auraient sans doute pas déclaré la guerre au hasard, pas comme ça, je connais assez Amos pour savoir que ces temps ci ce ne serait pas la bonne chose à faire… mais sans doute qu’ils auraient été passablement énervé. J’aime à croire que, si je ne suis pas indispensable, j’ai quand même ma place dans ce bel endroit qu’est : le monde des gangs. Parce que je l’ai mérité, et que j’ai eu la … chance –appelons ça de la chance, de tomber dedans quand j’étais bébé. Alors j’ai toujours vu des types se prendre des balles dans le corps, et hurler de douleur et hurler à la mort. Je ne m’en suis jamais prise. Des coups de couteaux pas profonds ouai, mais les balles m’atteignent pas. Je me demande vaguement ce que ça fait. Si tu sens vraiment comme un trou dans ton corps, ou si la sensation est si étrange qu’elle s’épargne. Qu’elle relève d’un domaine de sensation qu’on ne comprend pas, et qu’on n’imagine pas. Qu’on n’imagine même pas imaginer en réalité, sauf quand on est un gosse et qu’on essaye de se dire ce que ça fait que de se prendre une balle comme ça, sans raison. Parce que soyons réaliste, bambino est pas une raison suffisante pour que je me fasse tirer dessus, mettons les choses au clair tout de suite. J’aime pas ce gosse. Il est … Il est de ces mecs qui parlent beaucoup, beaucoup trop, et qui se ne se rendent pas compte qu’ils tapent sur le système de la planète entière. Nan vraiment je vous assure, et puis il dégage une telle confiance en lui, alors qu’il a quoi … quinze ans ? Seize à tout casser ? Je lui ai jamais demandé, faudrait peut-être que je le fasse. Je parierais qu’il me donne pas mes dix-huit ans, mais tant pis. L’âge, pour ce que ça vaut.  Bon après, je peux lui reconnaitre sa répartie. Et puis il fait passer le temps plus vite. Et Dieu sait qu’on a besoin de gens pour parler dans le vide sur cette terre. Alors quand je lui demande de me raconter, il est pas contre. ‘Fin il a pas l’air contre, il me suit, et on s’arrête devant un bureau. Je m’appuie dessus, notant distraitement mes impressions sur le lieu. Ca ne semble pas réellement abandonné, ou si ça l’est, depuis peu. Je regarde l’encrier du bureau, le bouchon à moitié ouvert. L’encre est sèche. Bon c’est peut-être abandonné en fin de compte, un bureaucrate digne de ce nom referme toujours son encrier. Je reporte mon attention sur la machine à écrire, posée sur le bureau. J’appuie distraitement sur une touche. Le contact est dur, faut avoir la force. C’est encrassé depuis un bout de temps. Je note tout ça dans mon carnet, avant de replacer la mine de plomb contre mon oreille, tandis que de l’autre, j’écoute le récit d’Eoin, qui visiblement semble plus intéressé par les tirroirs du bureau –réflexes de pickpockets j’imagine :
« J'suppose que la version longue t'intéresses pas. »
Bwaf, éventuellement ça aurait pu m’intéresser. Il fouille un tiroir, en ressort de la paperasse qu’il pose avec la délicatesse d’un juif bourré sur la table. J’extirpe du tas de feuille un peu froissée une facture. Je cherche le nom, et je l’inscris rapidement sur mon carnet, tout en continuant d’écouter Eoin en arrière plan :
« Celui qu'arrêtait pas d'gueuler, là. Finn, j'ui ai emprunté une montre y'a - j'sais plus trop en fait. »
Je pousse un soupir sarcastique, avant de relever distraitement le regard sur lui. Je hausse un sourcil.
« Emprunté ? J’peux faire une réflexion sur c’mot ou tu trouverais ça déplacé ? »
Il lui jette un regard en coin moqueur. Tout le monde sait que quand Eoin emprunte, il vole. Personne le blâme, sauf ses victimes, qui ont dans un premier temps, la rage de s’être fait volé par une pickpocket, et dans un second temps, la honte de s’être fait roulé par une nabot. Concrètement, il fait pas un mètre soixante hein. Fin je crois. Je le domine de loin en tout cas. Avec un peu de chance, il a pas fini sa croissance et il atteindra le mètre soixante-et-un d’ici 1927.Et déjà il continue, dans un registre qui m’amuse vaguement :
« Dans tous les cas, il a pas spécialement apprécié mon intervention. Il m'a attrapé avec - j'sais même pas son nom, non plus - machin. Puis j'me suis r'trouvé dans un cul d'sac. »
Yep. Sa vie pourrait s’appeler « les malheurs d’Eoin. » En fait, c’est une suite de mauvaises expériences et de malchances, comme si ce type avait un putain de mauvais karma. Ou c’est juste la jeunesse. Non. Parce que moi, à son âge, j’avais quand même plus de chance que ça. Alors j’arrête d’écrire dans mon carnet et je le regarde, attentivement, pour connaitre la suite de l’histoire. Qu’il finit dans un haussement d’épaules approximatif :
« Qu'est-c'que tu veux hein, ils ont pas l'sens des affaires. »
Je pousse un soupir amusé, tout en levant les yeux au ciel. Je retire sa casquette et passe une main dans ses cheveux, avant de la poser sur le bureau et de me remettre à lire la facture. Je lâche, vaguement :
« Rectification, ils ont pas ton sens des affaires. »
Je lui jette un regard par-dessus son épaule, avec un sourcil sarcastique haussé :
« Qui entre nous … est spécial. »
J’anticipe dés lors la répartie d’Eoin, sur un ton moqueur, je relance :
« Nan si, si, si si si si il est spécial, tu peux le dire, j’dirais même révolutionnaire. »
Cynisme quand tu nous tiens. La facture mentionne un nom, avec une consonance étrange. Je tente de deviner, difficilement, faisant marcher ma piètre mémoir. Peut-être juif, peut-être français, j’en sais rien, mais c’est pas anglais ni italien. Pas irlandais non plus.
« Et toi alors ? Qu'est-c'que tu fiches ici ? J'te manquais tellement qu'tu m'a suivi en bon chien d'chasse ? »
La réflexion du mioche me sort de mes pensées. Je fourre la facture dans une de mes poches intérieur, et remet ma casquette sur mon crâne avant de déclarer, donnant un coup de menton pour l’inciter à se mettre en mouvement :
« C’est bien connu, je ne peux pas me passer de toi. »
Le sarcasme dans ma voix résonne si fort qu’on pourrait presque le couper au couteau. Tout comme mon accent que je tente de maitriser lorsque je reprends, lui jetant un regard en coin alors qu’il marche à côté de moi :
« J’dois aller voir deux trois mecs à la sortie d’la ville dans … »
Je sors la montre à gousset de sous ma chemise. Gadget de fonction.
« Cinq heures. J'pouvais pas dormir, et j'me baladais. J’étais sur le toit, au d’ssus du canal, et quand j’ai vu une demoiselle en détresse, j’ai pas pu m’empêcher d’aller voler à son secours. »





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≈ UN AUTRE : samuel hancock pour vous servir.
≈ AVATAR : david mazouz.
≈ ÂGE : 15 ans.
≈ MÉTIER : pickpocket au service des peaky, petite frappe, raclure, ordure, les surnoms sont divers et variés.
≈ DES ARMES ? : un revolver, quant au modèle il en sait foutrement rien.
≈ GANG : il y pensait pas grand-chose avant d'en intégrer un, depuis il s'y sent bien, poisson dans l'eau il souhaite pas se tirer de sa grande famille de bookmakers. De toute façon, il a signé le contrat, il peut plus faire machine arrière, il est des Peaky jusqu'à sa mort.



MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 23 Mai - 12:19


Raffaele et Eoin


A ces pauvres rejetons d'une société qui ne veut plus d'eux, à cette liberté bafouée, à ces histoires qui n'intéressent plus personne. A tout ça, tous ces principes, le gamin a envie de leur dire de se lever, de se battre de faire comme eux, ces deux-là qui se tabassent la peau à longueur de temps, à ces deux-là qui oublient que la nuit tombe alors qu'ils ont à peine entamé les hostilités, à ces deux-là qui ne s'avoueront jamais qu'ils ne pourront jamais se saigner. Il a le sourire au bord des lèvres, le fils Murdock. Il peut pas s'arrêter, surtout quand l'Italien est dans le coin. A pas trop y savoir pourquoi, de toute manière y'a des recherches qui sont pas bonnes à entreprendre, surtout quand il s'agit du genre humain qui dans toute sa complexité se dévoile pas facilement. Il profite, ou bien subit les secondes qui s'écoulent en sa compagnie mélangeant le supportable et le détestable, l'amour vache et la haine tendre à moindre mesure. En plein dedans, il le rembarre avec la splendeur dont il est capable le blond, affirmant clairement que le sens des affaires de la mascotte du gang des Peaky n'est pas celui d'autrui. C'est un fait, pourtant il en reste un à partir du moment où un objet est à prendre en compte, en l'occurrence ; cette affreuse montre vendue à un autre. Au moins, il fait perdurer ce que le passé ne saurait envoyer dans le futur, quelque part, c'est une tâche plus qu'à prendre à coeur, puisque c'est dans l'histoire qu'il inscrit ce qu'il pique, et c'est indéniable qu'un battement d'ailes d'insecte peut créer une tempête à l'autre bout de la planète. La fatalité peut-être, ou bien la logique des choses tout bonnement. Sa vision est sienne, même Riva n'est pas propice à trouver de l'excellent dans sa façon de travailler. Faut dire que le seul fait qu'ils ont en commun ; c'est la course. Toujours à se malmener les os, à se frotter les muscles pour qu'ils chauffent et implosent de l'intérieur, aller vite, toujours plus vite pour dépasser l'autre. Des jeux de mômes de dix ans. Si encore il était seulement question d'Eoin, y'aurait aucun regard louche lorsqu'ils passent en se chamaillant. Pourtant, l'autre s'est jeté dedans sans même y voir la honte qui pourrait s'en dégager. Ils font plus gaffe à rien, ils prennent plus de vide pour zieuter leurs méfaits. Agir maintenant, réfléchir après, crédo des idiots et des cinglés, des aguerris et des sacrifiés aussi. C'est une guerre différente qui se déroule à Birmingham, celle des pourris, des maudits, de ceux qui se dépatouillent dans la boue purulente qui avale n'importe quel être posant son pied dedans. Ils ont été gobés, la différence c'est qu'ils arrivent encore à y sortir un doigt, puis une main. Ils se démerdent, ils se débrouillent, ils se font du mal, du mal pour survivre, pour espérer qu'un jour ils seront immortels dans cet éternel recommencement. Ce doit être ça qu'il cherche, le pickpocket, il veut pas qu'on l'oublie, il veut pas être comme ces drogués qui s'éteignent dans le coin d'une ruelle, ou comme ces bons pères de famille qui se font enterrer avec une tombe trop bien gravée. C'est de la réalité désenchantée, c'est de l'illusion mauvaise, de l'inconscience décomposée.

Avant de reprendre au vol les paroles de son interlocuteur, il se demande bien ce qui a pu se passer ici pour que ce soit aussi spectral. Un abandon ? Un meurtre sordide ? Une plainte si grande qu'elle aurait poussé l'entrepôt à se fermer ? Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien y faire ? De la nourriture, des jouets qui sait, tout cas c'est pas assez glauque pour qu'il y ait une peur inexpliquée. Seulement une fine couche de poussière sur laquelle il souffle pour lui permettre de s'estomper ailleurs. Les rayons de la lune lui offrent un ballet plaisant sur lequel il s'attarde trop peu de temps, puisque Raffaele de toute façon en a décidé autrement. Roulant des yeux, son ironie de bar résonne à quinze kilomètres plus loin, si bien qu'il en a presque des frissons d'une certaine lassitude. C'est qu'il n'arrive plus trop à le surprendre à la longue, il voit venir d'avance ses remarques autant que ses regards qui visent à l'égorger de l'intérieur. Qu'il fasse seulement, passer à l'acte est tout autre et il attend cette soirée fatidique où il lui plantera une lame dans la mâchoire. Les Silver Snakes sont réputés pour ce petit détail insignifiant, ce morceau de métal caché dans la manche, aiguisé à souhait pour ne permettre aucun doute au moment de l'attaque. Qui serait amoché ? Un combat de titans s'engagerait entre les bambins des rues. Ce serait pas une question de continuer de respirer, plutôt d'égo surdimensionné qui en prendrait un coup, celui d'hommes à en devenir, d'une éducation trop stricte ; car tu seras ça un jour, mon fils. Il se sent pousser des ailes son aîné, il passe ses doigts maigrichons dans son veston, jette un coup d'oeil sur sa mécanique, son sablier moderne avant de le remettre dans la petite poche prévue à cet effet. Aucune gêne, pas de chichis, pas besoin quand on se moque ouvertement des Ducs et des Lords. « J'vais t'adouber grand chevalier d'Birmingham si ça continue, j'suppose que m'sieur a b'soin de son baiser d'remerciement ? » Il reprend du poil de la bête, c'est toujours la même chose, la même rengaine, intraitable, dont ils ne se lassent plus, tout ça pour compter des points invisibles qui flottent au-dessus de leurs têtes vides. « Et j'espère bien qu'tu peux pas t'passer d'moi, j'risquerais d'être vexé sinon. C'bien connu que les damoiselles sont les pires quand elles ont l'coeur en charpie. » Feignant un rire sec, il enlève sa casquette posée sur le haut de son crâne, il la traine entre ses ongles avant de reprendre le chemin, sans trop savoir ce qu'il cherche. Un signe, ou alors parce qu'il n'a rien trouvé de mieux comme excuse pour continuer cette mise en scène risible à outrance. On se moquerait bien d'eux, en particulier Jolene si elle pouvait les voir. C'est plus qu'un cap ou pas cap, plus fascinant aussi. C'est comme ça, ça vaut ce que ça vaut - même si c'est rien qu'une infection. Inspirant l'air crasseux des alentours, il fronce les sourcils à certains instants. Il cherche, cherche ce qui pourrait éventuellement lui être utile à faire passer, y'a rien à en tirer, y'a que de la rouille qui tapisse les sols et de l'humidité qui chatouille le bout de son nez. « Cinq heures, hein ? On va pouvoir faire trois fois l'tour alors. J'espère qu't'es patient et qu'tu t'attendais pas à une mésaventure. Parc'que moi, après ça, j'ai eu disons... Mon quota en sensations fortes - ou presque. » Ultime boutade insolente d'un mépris qui cache beaucoup trop, assez pour qu'il n'arrive pas à voir à travers. Tant mieux pour lui, sûrement, ça lui ferait mal de s'avouer le meilleur alors qu'ils n'ont que le pire. Le pire c'est que le pire est pas encore arrivé, le pire est toujours à venir quand on sait pas. Et outre le fait qu'il a croisé son ombre durant son enfance, qu'est-ce qu'il connaît, de Riva, finalement ? Rien, il habite dans un appartement du quartier de ses pairs, évidemment, il est coursier, il fume, souvent, et puis ? Puis qu'un point d'interrogation qui se dandine. Merde, ça le frustre. Si bien qu'il sort de son autre main libre il ouvre son paquet de cigarettes cabossé, le bâton de cancer enfin à ses lippes, sa mimine tenant son béret le glisse dans sa poche pour plus de facilité. Une allumette craque, il l'allume, tire la fumée répugnante qui noircira son enveloppe porcelaine et reprend, naturellement. « Ah, et s'tu trouves un truc qui brille - autre que ta présence j'entends - j'te fais confiance pour m'sonner ? Quitte à c'que tu puisses servir à quequ'chose. » Haussement d'épaules nonchalant, Eoin est comme de ces chats pédants qui se sortent de toute situation d'un geste de pattes bien placé. Toujours la tête haute, les iris vers l'horizon qu'il défie. La nuit, tous les chats sont gris, la nuit, ils se lâchent plus d'une semelle. Ils finiront bien par se bouffer le coeur, ces cannibales.

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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 23 Mai - 13:38

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Mais je sais pas pourquoi j’le laisse me suivre. J’devrais lui foutre un coup de pied dans les côtes histoire de l’envoyer valdinguer à l’autre bout de l’entrepôt, qu’il me foute la paix. Les gens, les italiens disent que j’suis un type solitaire à l’aise au milieu de la foule. C’est-à-dire que j’aime bien qu’on vienne me parler, si c’est pas trop souvent. C’est ce qu’ils disent. Franchement, je sais pas si j’suis d’accord ou non, mais en tout cas, les types comme Eoin ont tendance à m’énerver. C’est leur côté moulin à parole, mais ça, c’est une évidence. Après concrètement, avec lui ça passe plutôt bien. Je l’explique pas. Il me fait sourire. Ca non plus je l’explique pas. Les putain raff tu souris vraiment pas assez, t’es sûr qu’t’es l’fils de ton père ? je les ai assez entendu. Je sais. J’crois que mes lèvres ont un problème, elles sont pas faites pour aller vers le ciel, elles sont bien à terre, laissez les tranquille. Eoin, par sa connerie, par sa voix cassée et rauque, qu’a pas totalement muée mais qu’est plus celle d’un bébé, et puis par ses manières un peu étranges, maladroit et incroyablement habite en même temps, il m’impressionne. Il m’impression sur certains points, sa rapidité qui équivaut la mienne (oui c’est assez remarquable), et puis sa manière qu’il a d’être enjoué en permanence. J’ai aucune idée de comment il fait, vraiment. J’aimerais qu’il m’explique, mais ça a autant de chance d’arriver que si je racontais à Amos que j’avais un plan pour faire la paix avec les juifs. Ca le ferait rire et ensuite il me pèterait les dents rien qu’à l’idée de vouloir faire la paix avec ces vieux arnaqueurs. Donc bref, je ne demanderais pas à Eoin le secret de l’éternelle bonne humeur, ça m’intéresse pas tant en fait. Je le regarde, dans mon sillon, et son regard qui sillonne les allées, les bureaux et autre. Il n’a pas l’air de s’y intéresser vraiment. Et je sais toujours pas son âge. Je sais qu’il est chiant. Je sais qu’il est des peaky, et pourtant il a un nom pas vraiment anglais. Je sais aussi qu’il est trop jeune pour ces conneries. Je sais qu’il a le sourire facile, et qu’il se grille souvent des clopes. Mais les choses intéressantes, qui pourraient servir, je les connais pas. Son âge. Sa famille. Les informations de base manquent, mais d’un autre côté, ça préserve le charme sans doute. Quel charme exactement ? Excellente question. Je le sens qui me regarde, lorsque je sors la montre de mon veste. Un très vague sourire apparait sur mon visage lorsque je lance, regard en coin à l’appuie :
« Tu m’piques celle la, j’te préviens, j’te course jusqu’à Londres. »
Et cette montre, je jure que je le tuerais avec. C’est peut-être un simple gadget de fonction, mais avant de me servir dans mon boulot, elle servait à mon père. Un vieux cadeau qu’il adorait et qu’il m’a filé, pour que je la garde, durant la guerre. J’attends toujours qu’il vienne la récupérer, vieux paternel de merde. Il viendra, croyez le, il est pas mort. Trop futé pour crever. Et puis, le gosse lance, à côté demoi :
« J'vais t'adouber grand chevalier d'Birmingham si ça continue… »
Ca m’fait vaguement sourire. Moi, un chevalier … y’en a dans mes bouquins, ils sont doués, ils sauvent tout le monde. Mon boulot à moi c’est pas vraiment de sauver. Sans doute que je condamne avec l’opium que je garde dans mon manteau, mais c’est pas à moi d’y réfléchir, et tant pis pour le reste. Je le regarde. Chevalier, et j’irais sauver des princesses, je s’rais un putain de héros, ouai vraiment, y’a que dans les bouquins que ça arrive.Des fois je me demande à quoi sert la littérature, et je m’dis que ça sert qu’à faire rêver ceux qui ont pas la chance de devenir chevalier pours les coursiers, princesses pour les putes, rois pour les chefs. C’est tout un univers. Je regarde Eoin.
« J'suppose que m'sieur a b'soin de son baiser d'remerciement ? »
J’souris. Pourtant y’a rien de drôle. Embrasser ce gosse ? Drôle. Ca m’viendrait pas à l’idée, ça pourrait être marrant de voir sa gueule après un doux baiser d’amour pour le réveiller d’un long sommeil enchanté. Ouai nan, juste pour sa gueule en fait, j’essaierais. Alors je lâche, doucement, sourire sarcastique aux lèvres –comme s’il pouvait déteindre sur moi :
« C’est compris dans le packaging sauvetage, sinon concrètement j’dois retourner te livrer à ces deux mecs. »
Je hausse un sourcil, doucement, histoire de dire, eh mec, on déconne pas avec les affaires, tu devrait en savoir quelque chose non ? Puis on se remet en marche, on traverse tout ce long atelier, ces bureaux vides et ces machines qui ne nous disent absolument rien. Y'a un escalier, qui mène à une mezzanine, tout au fond de l’endroit. Je le vise, tandis que j’entends Eoin qui piaille dans mon dos :
« Et j'espère bien qu'tu peux pas t'passer d'moi, j'risquerais d'être vexé sinon. C'bien connu que les damoiselles sont les pires quand elles ont l'coeur en charpie. »
Et je relance, dans la même lignée :
« Et c’bien connu que t’es la demoiselle la plus distinguée du Royaume-Unis. »
L’allure que j’adopte s’intensifie. Je veux avoir le temps de faire la bâtisse. Déjà, le gosse derrière moi reprend :
« Cinq heures, hein ? On va pouvoir faire trois fois l'tour alors. J'espère qu't'es patient et qu'tu t'attendais pas à une mésaventure. Parc'que moi, après ça, j'ai eu disons... Mon quota en sensations fortes - ou presque. »
On alterne entre les bureaux, on slalome, on fait ça bien, on a l’habitude. On est doué, on est né pour ça, bouger sans faire de bruit, bouger sans se faire repérer. C’est pour ça qu’on est payé, alors on avance, sans bruit, la seconde nature. Je le regarde et enregistre chacun de ses mots. Pas de sensations fortes aujourd’hui ? B’waf, tant pis. Mais autant le faire culpabiliser. Je lâche, peut-être un peu trop fort :
« Tu t’ramollis, c’est déc’vant. »
Je m’arrête et lui jette simplement un léger sourire, histoire de dire qu’au fond, ça a beau être méchant, je sais bien que parfois on a juste pas envie de cavaler toute la journée. Le gosse tire une baguette magique d’un paquet de clope, la fourre dans sa bouche et l’allume, tout en craquant une allumette, un son qui résonne et qui craque dans tout l’endroit. Ca contraste avec le bruit silencieux de nos chaussures. Je le regarde faire, adroitement, tout en marchant, sans jamais se cramer la gueule. Et ses doigts agiles viennent secouer l’allumette. Pas mal, il s’en sort bien.
« Ah, et s'tu trouves un truc qui brille - autre que ta présence j'entends - j'te fais confiance pour m'sonner ? Quitte à c'que tu puisses servir à quequ'chose. »
Je hoche la tête. Vaguement blasé., un vrai écureuil qui saute sur tout ce qui brille, n’importe quoi. J’imagine que c’est ça que d’être pickpocket. Terrible travail que celui qui ne te quitte jamais … Qui a dit ça ? J’ose croire que ça doit être Platon, ou un homme de ce genre. J’ai peu d’espoir. Alors je réponds :
« Commmmmpte sur moi. »
Puis, on arrive enfin devant l’escalier. En fer. Il va faire un de ces boucan … Je pose mon pied sur la première marche et ça ne trompe pas. Le son de la ferraille résonne dans tout l’entrepôt. Je ferme vaguement les yeux. Avant de me tourner vers lui, pour lui lancer un regard significatif. Monte le plus discrètement possible. Puis je commence à monter, m’appuyant de la rambarde pour faire le moins de bruit possible. Alors que je commence à m’élever, je l’entends derrière moi qui m’a suivi. Le sens de l’aventure sans doute… Je lui jette un coup d’œil par-dessus mon épaule, en espérant qu’il ne fasse pas de conneries. Ce serait bien le moment de nous faire repérer par les deux mecs.
J’arrive le premier tout en haut. La mezzanine donne sur des bureaux, dans une partie à l’étage relativement cachée. D’aussi haut, on peut observer tout l’entrepôt. Je me penche, et sort mon carnet, commençant à noter tout ce que je vois, tandis que je l’entends déjà arriver. Sans le regarder, je lâche :
« J’t’ai jamais d’mandé ton âge. »
Je me tourne vers lui avant de le dévisager de haut en bas. J’essaye d’être le plus honnête possible.
« J’hésite entre quinze et seize … »







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≈ AVATAR : david mazouz.
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≈ MÉTIER : pickpocket au service des peaky, petite frappe, raclure, ordure, les surnoms sont divers et variés.
≈ DES ARMES ? : un revolver, quant au modèle il en sait foutrement rien.
≈ GANG : il y pensait pas grand-chose avant d'en intégrer un, depuis il s'y sent bien, poisson dans l'eau il souhaite pas se tirer de sa grande famille de bookmakers. De toute façon, il a signé le contrat, il peut plus faire machine arrière, il est des Peaky jusqu'à sa mort.



MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 23 Mai - 14:34


Raffaele et Eoin


Si c'est pas sa connerie qui le tuera, alors la clope s'en chargera. Il s'y est mis y'a pas si longtemps, assez tôt pour qu'il s'étouffe plus dans la fumée cramoisie qu'elle dégage, assez tard pour que ça lui fasse pas encore l'effet d'un pot d'échappement dans les poumons. Il y trouve un certain plaisir, même si le goût est franchement louche, ça donne l'impression d'être plus qu'un bambin qui essaie d'apprendre à tirer. C'est pas que ça impose le respect, c'est juste que c'est dans les moeurs, qu'on verra pas un garçonnet sans l'un ou l'autre, sauf s'il vient de bonne famille - là encore, y'a des doutes, parce que si c'est pas la cigarette blanche, ce sera le gros cigare qui vient des pays exotiques. Il se contente du moins cher, de ce qu'il peut avoir, encore maintenant il peut se remémorer le démon qui l'a lancé dans cette saloperie au tabac. C'était Jolene, elle était adossée au mur avec sa longue robe qui frôlait le sol. Elle avait ce petit sourire vicieux sur la face, puis elle lui avait tendu le bâton sans aucune gêne. Il avait essayé, il avait toussé à s'en dégueuler les tripes sur les pavés souillés de Small Heath. Puis elle lui avait expliqué comment se tenir, comment bien avaler sans devenir aussi rouge qu'une pivoine. Elle avait fini par rire, d'un rire si éclatant qu'à son tour Eoin s'était joint à cette euphorie générale. Oui, y'avait de quoi bien se moquer. A force d'entraînement, à l'instar de son revolver, il avait réussi à s'y faire, à cette idée que l'éphémère peut se consumer par le biais d'un autre, qu'y'a pas que l'amour pour faire un mal de chien aussi insidieusement que possible. Y'a ça, puis l'alcool aussi. Sauf qu'il le gère mal, quand il s'avale un verre il a vite la tête qui tourne et les paroles qui s'envolent à la même cadence. Il tombe, il se bidonne puis il s'endort. Ni une, ni deux, Murdock n'est plus qu'une grosse masse d'os et de peau qui se laisse voguer dans la débauche des pubs. Toute une éducation qu'il accepte avec plaisir, les bras ouverts de surcroît. Que ne ferait-il pas pour les Peaky Blinders, jusqu'à se foutre la santé dans les rosiers du coin - fanés, bien sûr, sinon ce serait pas Birmingham. Tirant sur son petit feu d'artifice, il retient un ricanement mauvais à chaque fois que Raffaele ouvre ses lèvres fines. La donzelle la plus distinguée, il a pas idée à quel point. Bon nombre de fois l'adolescent s'est imaginé à la place d'une fille, le résultat ne fut qu'un grand bordel mélangé à une trop grande estime de ce qu'il est. Il se retient d'en rajouter une couche, il s'arrête ; vaut mieux la boucler quand y'a rien de plus glorieux à dire. Il le suit sans broncher, tout en laissant vagabonder son attention sur les murs suintants et le sol encore à peu près propre. Il a l'impression de se trouver dans un demi-monde, dans un chemin à moitié tracé et il peut s'en inventer des tas de scénarios qui pourraient faire sa richesse. Sans même le remarquer, ils se retrouvent face à un escalier en métal qui pourrait leur tomber sous les pieds. Ils se foutent du danger, ils s'en acoquinent même, ils pourraient même se dire partisans de ceux qui vivent au jour le jour. Qui se demandent pas, qui se demandent plus. Jeunesse gâchée.

Riva reprend son air de pompeux Lord qui le regarde de haut, Eoin comme à son habitude préfère ne pas en tenir compte. Il est comme ça, on le changera pas, même si y'a que les cons qui changent pas d'avis. C'est à garder dans un coin de sa caboche, ça pourrait lui servir pour le tacler une dernière fois tout en beauté. Après tout, c'est bien ça le principe ; avoir le dernier mot en toutes circonstances. Ils grimpent les échelons peu à peu, le plus jeune des deux passe sa main libre sur la rambarde rouillée alors que son instrument du Diable se détériore dans l'autre. La fumée lui donne presque un air de diseuse de bonne aventure qui va annoncer à son client une terrible nouvelle ; comme sa mort, celle d'un proche ou encore la perte de tout ce qu'il peut apprécier. Dans le cas de l'Italien, il saurait pas dire ce qu'il apprécie ou ce qu'il déteste. C'est une foutue boite fermée avec cadenas cuirassé en métaux bien lourds et à moins d'avoir la clef, essayer de l'exploser c'est se fatiguer pour peu. Il est vraiment mal barré. Soupirant à cette idée qui lui déplaît franchement, sa curiosité est un peu plus attisée quand ils se retrouvent dans un grand bureau. D'une classe grandiose, faut dire ce qui est, il est pas totalement insensible au charme des meubles, et surtout du grand fauteuil de chef d'entreprise. Si l'autre continue de bavasser en lui demandant son âge, il lui répond pas tout de suite, préférant faire durer le plaisir - et aussi pour bien s'affaler sur la chaise en cuir. De la poussière se barre sous son poids, il affale ses pieds sur le bureau, sans gêne aucune, toujours ce sourire collé sur sa bouche en coeur. « Oh, j'dois avoir l'même que toi. » Une autre bonne qui lui ressort, la jeunesse éternelle elle est pour lui. Il fait pas ce qu'il est, il a pas ce qu'il est ; il arrive pas à lui donner un nombre définitif, il en est incapable. Il paraît sorti d'ailleurs, d'une forêt où des bêtes enchantées se fondent dans l'éternité. Il lui a jamais demandé, pour sûr qu'il se prendrait une baffe à lui dire qu'il est qu'un elfe du folklore anglais. De toute façon, si c'était le cas, que viendrait foutre une telle bestiole avec un pauvre mouflet comme Eoin ? On lui donnerait pas cet honneur, on lui en donne plus. Reniflant un peu tout en retirant sur la cigarette, il se rassoit convenablement avant d'hausser les épaules. « J'aime bien garder l'mystère, t'sais tu pourrais être étonné ! Comme dans les bouquins, le r'tournement d'situation qu'arrête pas de t'mettre en haleine. Ce s'rait con d'gâcher ça. » Il dévoile ses quenottes blanches bien qu'un peu marquées par son vice, puis il fronce les sourcils en recommençant avec ses sales manies. Il fouille dans le premier tiroir, y'a rien, vide. Le second, toujours pareil. Le troisième en revanche, il y trouve une babiole. Assez lourde, qui brille ça lui suffit, on dirait un sceau, et à bien le tenir c'est ce qu'il en conclut. Il en tirera quelque chose, pas une fortune mais ça pourrait toujours servir pour cacheter des documents foireux - ou pas, dans ce cas il pourra vraiment en tirer un contenu égoïste. « T'm'as pas sauvé l'cul pour rien, finalement. » Un ricanement sec à son égard, probablement pour le faire culpabiliser de l'avoir sortie de la panade. Il regarde l'objet quelques secondes puis le fourre dans sa poche, ni vu ni connu, la seconde d'après sa main libre passe dans sa tignasse pour la secouer. Un grincement, il fait à peine bouger son trône sur lequel il s'est installé. « T'veux quoi en échange ? J'ai rien pour t'décerner la médaille du courage par contre. » Grimace, la comédie ne lui sied pas tant au teint que ça, tant pis, de toute façon avec Raffaele y'en a que pour son grade. « M'demande pas la lune, j'pourrais pas répondre à c'te demande, et j'voudrais pas te décevoir, hein. » Y'a sûrement une part de vérité qui se cache sous ses derniers mots, une vérité qu'il veut pas voir, une vérité qu'il veut cacher, une vérité-mensonge qui lui crève les yeux. Il tapote des pieds sur le sol avec la délicatesse d'une danseuse, continue d'assassiner sa cigarette et il se dit que y'a pas que la ville qu'est maudite, lui aussi, il peut plus lui échapper.

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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Lun 25 Mai - 13:34

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Cet endroit porte à la rêverie. La rêverie porte à l’enfance. Et l’enfance n’est plus pour nous. Alors on doit faire quoi, concrètement ? On doit imaginer des histoires, en essayant de se souvenir que l’enfance n’est plus vraiment de mise ? Qu’on tourne en rond, logiquement, tendrement, en un cercle parfait. Je sais pas vraiment quoi penser de lui. Il aurait sans doute pu faire d’autres choix et se retrouver ailleurs, et se retrouver dans une sorte de jeunesse différente. Mais je le sais. Quand on est né pour ça, autant ne pas luter. J’crois bien que la routine m’aurait emmerdée. Sévèrement. Et que ça doit  être son cas aussi, qu’on ne l’avoue ou non. C’est que quand on est jeune, on veut défier tout et tout le monde, quitte à ce qu’on tombe dans une merde inimaginable, quitte à ruiner nos vies. Mais on en a rien à faire, parce qu’on regrette pas. Moi j’aime bien tous ces moments où je vogue à droite à gauche, à bicyclette, sans me soucier de rien d’autre que de la mission. On me fout la paix. Et je fous la paix au monde entier. C’est sans doute une forme de liberté que d’emmerder royalement toutes les règles du monde vous savez. C’est ce que j’imagine. On n’a de liberté que lorsqu’il y a des règles à outrepasser. Mais ça, c’est encore une autre théorie. Une théorie qui sans doute régnait dans ce bureau. Je me pose d’un côté du bureau, et lui s’affale sur la chaise de maître des lieux. Même si fauteuil serait un mot beaucoup plus juste. Mon regard se perd dans la poussière. Cette même poussière qui tapisse un peu tout mon appart. Ca me rappelle que je devrais passer y faire un tour, ranger, nettoyer, mais l’envie n’est pas vraiment là. Ca fait trop longtemps que je me sens étranger chez moi. Je me sens bien mieux ici, dans ce bureau que je ne connais pas, que je n’ai pas vocation à connaitre et … auquel au fond, je ne dois rien. Que j’y retourne ou que je me casse maintenant, ça n’engage à rien. Un appart' c’est encore autre chose. C'est des responsabilités quelque part. Et puis je le regarde, qui pose ses pieds sur le bureau, et je me demande vaguement pourquoi je pense à tout ça. J’ai le cerveau embrumé, jusqu’à ce que je l’entende qui parle :
« Oh, j'dois avoir l'même que toi. »
J’souris pas, je hausse un sourcil en continuant de regarder le bureau. Ca m’amuse. Je sais que j’fais le même âge depuis des années. C’est-à-dire que depuis que j’ai treize ans, je fais seize ans, je bouge pas, mon âge varie pas, et je gagne pas en maturité physique. C’est comme ça. J’m’en fous un peu, l’apparence physique, pour c’que ça compte. C’est juste un peu triste de se dire, parfois, que mon père, si il revient, ne me trouvera pas changé. Qu’il me dise, tu n’as pas changé, j’crois que ça m’briserait le cœur. Par contre, que ce soit Eoin, alors là, j’en aurais pas grand-chose à foutre. Alors je réponds, vaguement, tout en sortant une pile de dossier d’un tiroir :
« Ca m’étonnerait qu’t’ai dix-huit ans. »
Voila,  première information sur moi, on va voir sur quoi il va continuer. Tandis que je lis le rapport. C’est une série d’impayés, de facture en tout genre, et un avis d’expulsion. Une vieille fabrique. Fabrique de quoi ? Je parcours rapidement des yeux, à la recherche d’un mot clé, tandis que mon pouce et mon index, noircis par la mine de plomb tachent de noir la feuille. Ca va plus faire chier grand monde. J’ai toujours ces deux doigts noirs. Il m’a jamais demandé d’où ça venait, je crois qu’il a capté. J’attrape lamine de plomb contre mon oreille et commence à annoter rapidement, sans vraiment réfléchir, la feuille. Le nom de l’entreprise. Sathbuy’s, au nom d’un homme, Andrew. Andrew Sathbuy visiblement. Ca me dit vaguement quelque chose. On est sur le territoire d’aucun gang par ici et je ne …
«  J'aime bien garder l'mystère, t'sais tu pourrais être étonné ! Comme dans les bouquins, le r'tournement d'situation qu'arrête pas de t'mettre en haleine. Ce s'rait con d'gâcher ça. »
Il me sort de mes pensées. Un instant j’ai envie d’lui dire de la boucler, mais alors royal. J’me demande quel serait le meilleur moyen, alors qu’il enchaine, des bouquins, il en a sans doute jamais lu un. Alors j’le regarde blasé. Première solution pour le faire taire, le dire, clairement, mais ça l’a jamais empêché de quoi que ce soit. Deuxième solution, lui foutre une main sur la bouche. Pas sûr que ça l’arrête. Troisième solution, l’embrasser, au moins, là j’aurais le résultat escompté. Pas sûr qu’il apprécie, et j’suis pas sûr d’avoir envie d’embrasser un gosse qui piaille comme une pie toute la sainte journée. Si bien que j’lui dit rien, j’le laisse continuer en baissant de nouveau mon regard vers la feuille. Si on retrouvait ses types, y’aurait moyen de savoir ce qui les a vraiment chassé. Parce que vu les chiffres, ça avait l’air de fonctionner. Ils fabriquaient des meubles. Visiblement y’avait pas que ça. Une livraison en acier lourd qui date de septembre 1919. Et l’avis d’expulsion date du …
« T'm'as pas sauvé l'cul pour rien, finalement. »
Mais quel chiant ce type. Je relève un regard blasé sur lui. Il a trouvé un truc qui brille. Il est content. Tant mieux pour lui. Une vraie pie ce type, tout ce qui brille l’attire, il doit avoir un radar pour ce genre de trucs. J’crois bien qu’il serait l’homme le plus heureux du monde dans une bijouterie. Il devrait organiser des casses à grande échelle. Et à voir son sourire, je peux pas m’empêcher de lâcher un tout petit rictus, tout fin, en secouant la tête. Et pis j’lâche :
« J’en suis sûr maintenant, t’étais une pie dans une autr’ vie. »
Je secoue la tête avec un air blasé. Et puis je continue  de lire. Je sais pas si ça va me servir. Sans doute pas, mais la curiosité prend le dessus. Mes doigts noircis marquent les pages d’un rapport tandis qu’il reprend :
«  T'veux quoi en échange ? J'ai rien pour t'décerner la médaille du courage par contre. »
La grimace lui va vraiment bien au teint. Pourquoi il est pas resté à faire des grimaces toute sa vie ? Vaste mystère. Vaste mystère que je percerais un jour. Je voudrais vraiment savoir comment il a atterri chez les Peaky. Ca pourrait être intéressant. On a tous nos secrets. Et puis déjà, il reprend :
«  M'demande pas la lune, j'pourrais pas répondre à c'te demande, et j'voudrais pas te décevoir, hein. »
Je souris, tandis que d’un regard, je lui intime de progresser vers la pièce adjacente, après avoir pris soin de planquer les documents qui me semblent le plus importants dans un coin de mon veston. Je le traine vers une autre salle et on monte une autre échelle tandis que je lâche :
« Laisse moi réfléchir. »
Et je monte l’échelle, rapidement, on atterrit dans quelque chose qui ressemble vaguement à la charpente du machin. Depuis combien de temps cet entrepôt existe ? Y’a des dizaines de poutres, partout, qui traversent la sous-pente de part en part. c’est immense. Ca dure sur deux cent mètres, tout au moins, dans les deux sens. Et on se sent petit. J’souris, tandis que je me hisse sur une poutre. Y’a le plafond de l’étage d’en dessous qui me permettra de ne pas faire une chute de plusieurs dizaines de mètres . Mais plus loin, y’a plus le plafond de l’étage d’en dessous, et si on marche longtemps, en se tenant sur la poutre en équilibre, on arrive au dessus de l’atelier, dans lequel on est déjà passé. Y’a des trous dans le plafond, je lève la tête, et je lance, en l’aidant d’une main à se hisser à son tour sur la poutre encore en zone sûre :
« J’sais pas trop ... M’aider à faire passer l’temps, ça compte comme une réponse ? »
J’souris d’avance à l’idée de traverser cet endroit, sans vraiment réfléchir, j’lui jette un regard par-dessus mon épaule en me mettant debout sur la poutre en bois. Assez large pour avoir les deux pieds côtes à côtes, bien collés.
« Partant ? »





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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Jeu 28 Mai - 1:09


Raffaele et Eoin


Il aime bien les yeux noirs, Eoin. Oh il a rien contre les verts, rien contre les bleus, bien au contraire, il apprécie à les admirer lorsqu'ils brillent sous un soleil d'été ou qu'ils rayonnent sous une lune à moitié cachée. Il peut s'y noyer dedans, il peut couler à l'intérieur, pourtant à la différence de ces couleurs ; dans celles-là il sait déjà ce qui va se passer. Alors que dans des charbons, il devine jamais à l'avance, il en est pas capable. Manque de discernement peut-être, dans tous les cas, les émotions elles ont un mal de chien à passer lorsqu'il y a qu'une grosse boule sombre à admirer. C'est étrange, ça fait grand, ça fait gros comme ceux d'un animal qui pourrait mordre à tout va. Et chez Raffaele, il sait jamais à quoi s'attendre, c'est à chaque fois du même registre, il arrive à le surprendre grâce à pas mal de subterfuges généralement tordus. Faut croire que malgré le fait qu'il le connaisse depuis môme ça change rien à cette découverte constante qui va de pair avec l'aventure de course qu'ils suivent chaque matin ou soir. Alors avec les deux amandes carbonisées qu'il a à la place des orbites, ça l'aide en rien à se méfier de ses coups douteux. Il est Italien, et ce mot, cette origine elle rime avec couteau rouillé qui généralement se plante dans un dos aussi innocent que possible. Il pourrait le trucider sur place, sortir son revolver et lui planter une balle en plein front. Il en fait rien, aussi insupportable soit-il, Eoin est arrivé à se faire une place dans le quotidien de la tête blonde souillée par la mine de plomb. Il en est pas peu fier, même si lui dire ça reste une autre paire de manches. Il pourrait en gonfler le torse et jouer au roi de la jungle. Il garde ses distances, il préfère sa nonchalance, son insolence à toute marque de politesse qui pourrait hypothétiquement lui faire plaisir. Manquerait plus que ça, tiens. Puis voilà l'autre qui revient avec sa polémique sur l'âge, bon sang y'en a pas pour être totalement con ; la preuve il en a dix-huit et il a rien de mieux à foutre de ses heures que de les passer avec un gamin pouilleux qui fouille les poches pour gagner quelques pièces. Ils sont risibles, ils sont les déchets de Birmingham qui grouillent et salissent les belles pompes des plus aisés. Ils veulent pas leur faire de cadeau, ils savent pas comment ça marche, on leur a pas apprit à faire tout bien, tout beau. Ils ont pas besoin du gant de soie pour cacher la poigne de fer crasseuse. La preuve en est qu'il lui cache pas qu'il cause beaucoup trop celui qu'a quinze ans à peine. Il a raison, c'est un moulin à paroles depuis qu'il sait prononcer distinctement les voyelles et les consonnes. Son père lui disait toujours que ça lui ferait faux bon, jusque-là il a pas eu tort, il a pas eu totalement raison non plus. Force est de constater qu'en situations délicates, un bon baratin sert de porte de sortie aux plus malchanceux et Dieu seul sait à quel point sa besogne peut être sujette à des dérapages comme celui-ci. Deux contre un, où sont les règles de bienséance ? Il en roule des sourcils, continue de malmener le bâton de tabac puis aveuglément suit le coursier lorsqu'il lui fait un geste révélateur.

Le mégot il l'écrase contre le mur, le détruit un peu plus en le frottant contre les parois rêches puis le laisse tomber tout en glissant ses mains dans le fond de ses poches. C'est bon, le sceau s'est pas fait la malle par le biais d'un trou malencontreux. La qualité des vêtements elle est plus ce qu'elle était, si en plus les couturières savent plus faire un point, où va le monde ? Il peste intérieurement en sentant une petite craquelure puis sort de sa profonde pensée en écoutant d'une oreille son interlocuteur qui se veut assez entreprenant. C'est plutôt rare, généralement il se laisse porter, et si Murdock le cherche pas en lui chourant sa casquette il viendra pas forcément lui coller dans le dos. Chaque chose en son temps, peut-être même que d'ici quelques mois il sera un rayon de soleil qui éclate constamment d'un rire cristallin. Celui-ci d'ailleurs, il l'a jamais entendu, pas le sien du moins. Ou alors si, mais juste de façon bien sarcastique de quoi pousser ses boutades à son paroxysme. Il recommence à torturer sa lèvre inférieure en la mordillant, celle-ci encore tachée de la cigarette laisse sur sa langue un goût ultime d'éphémère, de décomposition, d'embrasement. Enfin, ses paupières se rejettent en arrière lorsqu'il voit une poutre se redresser sous ses pieds, encore plus lorsqu'il se rend compte que plus loin y'a que le vide pour les embrasser. Merde, fallait qu'il se croit invincible maintenant. Pourtant il a pas l'air d'avoir abusé de marijuana ou encore d'opium. C'est juste Riva, il devrait même pas se dire qu'il a morceau de cerveau qu'a grillé. Il lui tend les doigts, il les attrape sans se faire prier pour se retrouver à la même hauteur que lui et ça lui refile un sale coup dans le bide. Il pourrait en dégueuler sur le plafond. Profonde inspiration, c'est rien de grave. Bordel il est passé à côté de la grande faucheuse, c'est pas ça qui aura sa perte, si ? Il refuse cette possibilité, l'écrase sous son poids de plume. Il en est tellement perplexe que l'espace d'une seconde il se surprend à lui serrer la peau, puis il la relâche subitement, donnant presque l'impression qu'on lui a jeté de l'eau bénite sur une plaie purulente. Sourcils froncés, Raffaele recommence avec ses phrases pas bien longues, néanmoins elles regorgent d'un sens et d'une malice qu'il soupçonnait qu'à moitié. Y'a encore de l'espoir pour lui, assez pour qu'il voit plus la différence entre le bien et le mal dans cette tentative de battre des ailes. « T'aimes la voltige ? Hé ben mon vieux, tu d'vais rendre fou tes parents quand t'étais p'tit si t'étais comme ça. » Il pourrait clairement sortir la pelle pour creuser dans son torse, y trouver un coeur qui bat qu'à moitié et essayer de le réparer pour le peu que ça puisse servir. Pourtant, il y arrive pas Eoin. Y'a comme un truc qui se coince dans sa gorge et il préfère passer par d'autres chemins pour en découvrir plus sur ce souvenir lointain. C'est vrai qu'ils se sont vus grandir, mais quoi ? C'est terrible à quel point ils ont rien à écrire, à ajouter sur la fiche qu'ils placardent sur leur mur de connaissances. « Puis d'toi à moi, j'étais p'tête une pie, mais tant mieux. C'pas sur toi qu'il faut compter pour faire la conversation, si j'tais vraiment une piailleuse distinguée, j't'aurais déjà balancé mon thé à la gueule pour ennui. » C'est pas sérieux, c'est que de l'amusement et il cherche à le provoquer jusqu'à ce qu'il éclate, qu'il sorte ce qu'il a dans les tripailles pour lui prouver que Riva ça va pas avec le monotone. Son timbre à peine plus aigu trahit clairement son manque de sérieux. Tant pis pour lui, au moins il aura essayé de jouer la carte du responsable qui veut faire du mal. Il y arrive pas, il le pense pas tellement et il a aucune raison de le faire - à croire que la déception en sa compagnie, il y connaît rien. Essayant de détendre ses muscles pour se permettre de gigoter sur ce fil épais tendu dans le vent, s'ils font quelques pas, le pickpocket lui se stoppe en sentant sous ses pieds des fibres faire un ramdam monstre. « P'taaaain, Riva, j'te jure que si ça cède, j'te poursuivrais jusqu'au coeur d'l'enfer pour t'égorger une deuxième fois. C'pas dans mes plans d'partir d'ici à cause d'une vieille poutre. » Au moins sa crainte est partagée, et on peut pas lui reprocher de pas faire preuve de gentillesse. C'est pas tous les jours que la sociabilité l'emporte grâce à cette sale tendance à trop l'ouvrir, assez pour que ça résonne sous le toit qui pourrait lui aussi s'effondrer. C'est un nid à cadavres, ça vient, ça part et ça se fait bouffer par les corbeaux. Ils l'ont, leur buffet, ils attendent l'instant fatidique pour se ruer sur leur chair et la dévorer. Et quel festin ; deux pestiférés qui continuent de contaminer leur royaume.

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MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Sam 30 Mai - 21:43

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Lorsque j’lui tends la main pour le remonter, il la serre, très fort, en débordant sur la manque. Ca m’fout de vague frissons, de douleur plus qu’autre chose. Il a pas l’air rassuré. Il me regarde. Avec un air un peu dépassé, dépité. J’ai jamais été fou de haute voltige. ‘Fin j’aime juste bien ça, naturellement. Génétiquement. J’ai juste vu un cirque une fois, pas un petit cirque de campagne hein, un immense, un chapiteau qui montait aussi haut que les plus grands bâtiments des plus grands villes. C’est-à-dire, aussi haut que la lune. Quand j’était petit, maman me faisait croire que le sommet du chapiteau grattait les orteils de la lune. J’trouvais ça très amusant, vraiment, et dans ses yeux sombres, j’avait l’impression de voir la scène. La lune qui râlait sur le chapiteau. Ca m’fait sourire encore maintenant. Je tourne le dos à Murdock pour laisser mes lèvres remonter vers le ciel, défier la gravité. Je me redresse sur la poutre. Là, on risque rien. C’est plus loin qu’c’est dangereux. C’est plus loin qu’on va sentir l’adrénaline courir dans nos veines. Il reste assis, et j’vois sur son visage qu’il est pas rassuré. Pourtant la poutre est large, je pose les deux mains sur ma taille et le regarde, le surplombant de tout mon être. J’ai un vague sourire sur le visage. Et lui déclare, égal à lui-même :
« T'aimes la voltige ? Hé ben mon vieux, tu d'vais rendre fou tes parents quand t'étais p'tit si t'étais comme ça. »
Pour un peu ça m’ferait sourire. Mais non. J’le regarde, avec un regard rieur. J’essaye d’me souvenir. Ouai, maman disait que jmontais tout le temps aux murs et que je menaçais de tomber du balcon de l’appart en permanence. Mais elle veillait au grain, je la connais. Pas le genre à laisser son fils se fracasser la gueule  contre le macadam. Après elle a disparu, et c’est une autre histoire. Papa, j’me souviens qu’il me prenait souvent sur ses épaules et qu’il me faisait faire le tour de la rue, de la lande, du pays et du monde pendant des heures. J’aimais bien, sentir le vent, et l’air qui venait gifler mes joues. J’me souviens que je riais aux éclats. Et j’me souviens que Amos m’a dit, y’a pas longtemps, que j’ai plus jamais ri de la même manière. Je baille et je réponds, distraitement, en observant le plafond de l’étage en dessous de nous :
« C’est leur faute si j’aime ça. »
C’est la stricte vérité. Il reste assis, visiblement pas prêt à se lever tout de suite, alors j’ai tout le loisir d’étudier le sommet de son crâne, recouvert de cheveux bruns. Bien coiffés. Mais j’imagine que sous ce casque, ce sont des bouclettes. Derrière, ça rebique, dans tous les sens, c’est qu’il a pas réussi à dompter cette partie là. Pour un peu, j’passerais une main dans sa tignasse pour foutre son travail à néant. J’me coiffe jamais. Mes cheveux aiment vraiment pas ça. Puis il relève la tête et relance :
« Puis d'toi à moi, j'étais p'tête une pie, mais tant mieux. C'pas sur toi qu'il faut compter pour faire la conversation, si j'tais vraiment une piailleuse distinguée, j't'aurais déjà balancé mon thé à la gueule pour ennui. »
J’ai jamais beaucoup parlé, c’comme ça. J’parlais pas beaucoup à mes parents. Le body language, c’est mille fois plus intéressant, on en apprend beaucoup plus sur les gens en regardant la manière dont leur yeux passent de droite à gauche, dont leurs sourcils se tordent de gêne, et donc leur genoux claquent, en rythme de leurs paumes moites, jointes. J’assume parfaitement le fait de ne pas être bavard. Je hausse les épaules, et répond, doucement :
« Pas b’soin d’parler, tu l’dis toi-même, t’es très bien capable de l’faire pour deux. »
Pis j’lui jette un petit regard amusé, les bras croisés sur mon torse :
« Quoi tu t’ennuies ? Bah alors suis-moi. »
Pis j’me mets en marche, avançant sur la poutre, sans rien dire, en l’intimant de me suivre. J’avance pas trop vite. Et j’l’entends qui me suit. Evidemment que c’était pour déconner, évidemment qu’il en pense pas un mot. Le body language. Sa voix, quand il se marre, elle monte dans les aigues. Ca lui donne les airs de gosse perdu qu’il a laissé en chemin. En chemin vers l’illégalité des gangs de la mort. Je lui jette un coup d’œil. Là, y’a encore le plafond en dessous pour le retenir. Mais plus loin, plus rien, et j’le sens déjà tressaillir d’une peur sourde. J’souris, il peut pas m’voir, j’en profite. Et il lâche visiblement tétanisé :
«  P'taaaain, Riva, j'te jure que si ça cède, j'te poursuivrais jusqu'au coeur d'l'enfer pour t'égorger une deuxième fois. C'pas dans mes plans d'partir d'ici à cause d'une vieille poutre. »
Je pousse un long soupir qui résonne dans tout l’endroit, et qui vient se répercuter à nos oreilles. Wow, ça résonne. Je lâche, un peu plus fort et la hauteur permet à ma voix de porter plus fort que prévu :
« Regard fixe, droit devant. »
Je m’arrête, marque une longue pause et continuer d’avancer. On y arrive. Alors autant qu’il s’éclate pas la tête par terre. Mon cœur bat, pas assez fort, et l’adrénaline commence à monter, d’elle-même. Ca m’rend heureux quelque part. Et je me déconcentre pas.
« Surtout, surtout pas en bas pas en bas. »
J’étends les bras de chaque coté, pour servir d’exemple et je reprends :
« Les bras de chaque côté, pour équilibrer le poids d’ton coprs. »
C'est mon père qui m'a appris tout ça. En espèrant que je ne lui fasse pas honte ce soir. Je lâche, ironique :
« Non qu’tu sois une enclume, mais j’ai pas non plus envie qu’tu m’pourchasses en enfer. »
J’arrête le trait d’humour, alors que le vide passe sous mes pieds. C’est qu’il s’agirait de rester très concentré, il s’agirait qu’il reste encore de ce monde. et je reprends :
« Concentration Murdock, concentration. »
Je regarde devant moi et je marche, j’avance en regardant devant moi. Je me concentre juste sur mon corps. Sur la mine de plomb contre mon oreille. Sur ma respiration en accord avec mes gestes. Sur la portée de mes jambes, sur chacune de mes inspirations, sur l’équilibre de mes bras, de mon buste et de ma taille. Tout est une question de ressenti. Ne pas regarder en bas. Ne surtout. Pas. Regarder en bas. J’expire un grand coup, et je continue. L’entrepôt est une symétrie. Y’a l’étage administratif d’un côté, d’où on vient, et y’en une autre série de pièce en hauteur, de l’autre côté. Ca prend une centaine de mètre. C’est pas si long. Et j’arrive de l’autre côté.
Je me retourne.




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≈ DES ARMES ? : un revolver, quant au modèle il en sait foutrement rien.
≈ GANG : il y pensait pas grand-chose avant d'en intégrer un, depuis il s'y sent bien, poisson dans l'eau il souhaite pas se tirer de sa grande famille de bookmakers. De toute façon, il a signé le contrat, il peut plus faire machine arrière, il est des Peaky jusqu'à sa mort.



MessageSujet: Re: Everything is more beautiful because we're doomed. - Eoin.   Mar 9 Juin - 22:32


Raffaele et Eoin


De manière générale, la hauteur est souvent associée à la liberté. Et pour tout dire, c'est pas Murdock qui va dire le contraire. C'est les piafs qui volettent en haut, c'est ceux qui peuvent frôler les nuages ou les fumées des usines qui s'échappent pour des rivages beaucoup plus glorieux que ceux de Birmingham. C'est lâcher prise, se laisser tomber pour avoir cette sensation, ce picotement dans l'estomac qui retourne les tripes et le cerveau dans sa totalité. Il donnerait n'importe quoi pour pouvoir s'élever sur des grandes églises, pour croquer à pleine dent l'étendue grisâtre qui ne lâche pas cette belle Angleterre. Pourtant, aussi étonnant que ça puisse être, là, il déchante. Là, il a plutôt peur de s'éclater au sol et de finir en une grosse bouillasse même pas bonne à donner aux clébards bâtards qui traînent dans le coin. Personne en voudrait. Des résidus de petites pourritures on en trouve partout, surtout dans ce quartier qui regorge de voleurs ayant de petites mains, des bouilles angéliques qui laisse pas présager qu'ils vont dépouiller le voisin qui débarque avec son salaire du mois. A la rigueur il pourrait intéresser les rats, il se voit plutôt comme ça si un jour ça doit arriver, se faire croquer par les rongeurs qui font passer la peste par le biais des navires. Et ça le sidère de remarquer à quel point il a peur de se lancer corps et âme dans cette aventure. Lui qu'est grande gueule, lui qui dit qu'il fera ceci ou cela, qu'il a pas de gêne à fumer une clope face à une vieille qui tousse à cause des volutes souillées, lui qui baratine, lui qui croit savoir alors qu'il apprend tout juste à bien marcher. Une fois devant le fait accompli, c'est autre chose, c'est pas pareil, ça fait beaucoup plus vrai. En rêve tout est modifiable, dans l'imaginaire tout est faisable, même de faire un coup d'état et de prendre la place du roi, régner en maître sur l'univers, organiser des guerres pour un plaisir personnel et bien sûr ne jamais mourir. Quand elle entre en jeu, tout devient plus compliqué, les organes s'emballent, partent dans un capharnaüm du Diable pendant que les membres partent totalement en vrille. D'un côté ça tremble, puis de l'autre, l'équilibre est brisé. Il a pas le droit de se louper, pas maintenant, pas face à Riva. D'ailleurs, lui, y semblerait qu'il apprécie toute cette mise en scène à cause de ses parents. Parfait, s'ils sont cinglés de père en fils, ça doit expliquer cette hérédité poignante et fascinante à la fois. Il en pince sa lèvre inférieure, il écoute qu'à moitié le jeunot qui baragouine des règles pour pas se ratatiner de cette planche qui grince. Intérieurement, il se jure de plus jamais le suivre dans ses lubies. Pourtant c'est que du flan, c'est qu'un énervement passager qui s'estompera dès qu'il sera sur une surface beaucoup plus fiable que celle-ci. Il pourrait le suivre loin ce type, jusqu'au bout de la terre si ça se pouvait, parce qu'ils arrivent pas à s'en ennuyer, parce qu'y'a toujours cette excitation morbide qui pousse les bambins à retrousser les manches pour coller aux pompes de l'autre. Ils sont d'une bêtise mémorable. Ils sont bien de ceux qui hériteront de cet empire en ruines. Ils sont les descendants d'une lignée de nobles envahisseurs, ils ont participé à cet édifice. Ils y ont droit, ces successeurs du monde invisible.

Se concentrer. Ah il est drôle. Lui il se démerde comme un chef pendant que l'autre galère autant que de faire monter un gâteau dans un four éteint. Il a les yeux qui sont écarquillés, qui analysent le moindre détail qui pourrait être ne serait-ce qu'un peu important. Rien, il fabule sur des inventions qui viennent tout droit de son crâne dépassé. Pas regarder en bas, c'est tout une philosophie, et demander ça à un adolescent c'est totalement ridicule. Il le fera. Il le fait. Il se sent presque partir vers l'arrière, sauf qu'il se reprend à la dernière seconde d'un pied sûr. Il se retient de gerber son dîner, change radicalement de couleur et se crispe d'autant plus. Il se fige quelques secondes à nouveau, pas loin d'arriver au point culminant qui lui permettra de récupérer sa respiration dignement. Il relève une oeillade discrète vers son interlocuteur qui s'est retourné. Il doit pas voir cette faille. Il en a pas le droit. Il en a pas le pouvoir. Il se l'interdit. Eoin reprend du poil de la bête, ou du moins tente du mieux qu'il peut, il refait l'équilibriste sur sa corde raide qui coupe autant que le rasoir caché sous sa visière. Un pas, puis deux, puis trois, quatre s'enchaînent jusqu'au dernier, si bien qu'un frisson lui traverse l'échine. Ses muscles se calment pas, c'est du béton armé, des briques entassées qui mettront à mal quelconque poing voulant se défouler sur elles. Faisant craquer un peu son dos pour le remettre assez droit, il a les sourcils froncés, y'a qu'un murmure qui daigne s'échapper de ses lèvres. « Ben tu vois, mes parents à moi, ils étaient plutôt du genre rampants, pardon de pas m'faire pousser des ailes. » Ce à quoi il ajoute une frappe sur l'arrière du crâne tout blond. Et sans se faire prier il continue le chemin en fourrant ses mains dans le fin fond de ses poches, se braquant petit à petit, il déchante un peu, juste assez pour avoir encore cette impression de défaillir sous ses jambes. Secouant sa tête il s'attarde sur les quelques trous qui se sont creusés dans les murs, petits certes, néanmoins assez grands pour y passer un petit bout de la tête il peut y entrevoir le paysage nocturne. « Y doivent être loin maint'nant... » Pensif, il songe aux deux énergumènes qui lui ont courus après pour une satané montre déjà vendue. Il en tire une petite grimace, puis un rire de gorge qui fait vrombir sa peau fine. Sécurité, il a plus besoin de s'en soucier, c'était qu'une simple constatation faite à voix haute pendant qu'il rentre dans un autre bureau. Aussi grand que le dernier, sauf que dans celui-là y'a de beaux tableaux déchirés qui représentent des portraits ternes, saccagés par le temps, la chaise est complètement brisée, la poussière bien entassée. Ils passent d'une époque à une autre, c'est plus glauque, ça sent l'abandon, la perte d'un espoir qui a tout saccagé sur son passage. Il peut pas s'en empêcher, Eoin, il va face à une oeuvre puis glisse quelques doigts sur la toile peinte pour reformer l'image totalement déchirée. Elle représente un vieux Lord poudré avec une perruque aussi blanche que sa chemise froissée. Il a de grands yeux noirs, autant que ceux de Riva. « J'sais pas c'qu'ils fichaient ici mais, c'lui qu'a décoré c't'endroit avait des goûts d'luxe. » Il souffle sur les petites particules pour qu'elles dégagent, même si ça aide en rien et que ce geste est aussi utile qu'un claquement de langue. « M'ouais... Dommage, j'aurais presque eu envie d'voir c'que ça donnait avant qu'ils mettent la clef sous la porte. » Haussement d'épaules, il laisse tomber avant de reprendre ses mauvaises habitudes et de fouiller dans les tiroirs. Vides, bien évidemment, quoique, y'a bien de la paperasse mais l'encre est à moitié effacée, il arrive pas y lire grand-chose si ce n'est des dates. Il range, il s'arrête puis pousse un profond soupir. La chasse n'a pas été aussi bien que prévue, dommage, au moins il a toujours le seau qu'il reprend entre ses ongles pour le détailler un peu plus. Y'a une jolie lettre qui devait mettre à l'honneur le nom du fabricant, ou son prénom, ou peut-être juste l'entrepôt. Il sait pas, mais ça brille encore. Il perpètre à sa manière ce qu'ils furent. Eoin s'en souviendra. Puis il reprend, naturellement, ajoute comme une sorte de fatalité à laquelle même eux pourront pas échapper. « Comme quoi, en une trentaine de s'condes, tout peut s'effondrer. »

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