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Bienvenue sur LECLA l'affreux. :gangster: :chris: :gnih:


Un topic des RPs libres a été mis en place ici ! Allez j'ter un oeil. :hin:
Nous attendons avec impatience nos bébés prédéfinis, ils sont coolish vous verrez ! :ivil: :raff:



C'est la dèche chez les Muffled Necks essayez de renflouer un peu leurs rangs. :chica: :ivil:


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 ☾ cowards and monsters

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Les rois du royaume branlant

≈ ARRIVÉE : 05/04/2015
≈ IMPACTS : 689

≈ AVATAR : dane dehaan
≈ ÂGE : vingt-cinq ans, on le prend encore pour un gosse
≈ MÉTIER : peintre raté, contrebandier des silver snakes
≈ DES ARMES ? : un luger, plus pour son crâne que celui des autres
≈ GANG : les serpents venimeux, pas tous cependant



MessageSujet: ☾ cowards and monsters    Mer 8 Avr - 14:12



stratégie de l'inespoir.

≈ Thème du personnage ≈

Nom ≈ Son père aurait aimé le contraire, mais il lui a bien légué le patronyme des Doherty, famille anglaise qui a longtemps oscillé entre deux gouffres avant de s'écrouler complètement. Prénom ≈ Saint Christopher. Il n'a jamais compris pourquoi on l'avait affublé lui d'un pareil prénom. Du saint il n'a que le sourire distant et l'impression d'être au-dessus du monde entier, du catholique il n'a plus qu'une croix qu'il portait enfant en collier, à l'instar d'un chien, mais qui a été maintenant remisée au fond d'un tiroir dont il ne connaît même plus l'existence. Âge ≈ Les adultes se moquent, les demoiselles hésitent entre le charmer ou le pouponner, de par son visage juvénile, ses traits fins et sa musculature digne d'un gosse de douze ans. Pourtant, Chris a vingt-cinq ans, et dans ses yeux d'enfant on y voit toujours la guerre, le front, la fosse commune et le chaos d'une vie déjà bien remplie. Origines ≈ Les Doherty sont anglais, et sa génitrice l'était aussi, ainsi son sang est britannique, bien qu'il ne se sente appartenir à aucune patrie. Date de naissance ≈ C'est le onze septembre 1895, qu'il a vu le jour pour la première fois : un jour pluvieux et pollué. Lieu de naissance ≈ Chris est né à Londres, à Bromley plus précisément. La capitale du néant. Religion ≈ La famille Doherty est catholique, très moyenne dans ses bonnes actions mais catholique tout de même. Pendant longtemps, le dernier fils pensait qu'il devait l'être aussi, jusqu'à comprendre qu'il n'avait plus la foi, en rentrant de la guerre - jusqu'à comprendre même qu'il ne l'avait jamais eu, et qu'il ne pourrait jamais l'avoir. Classe sociale ≈ Il fut un temps où Christopher se complaisait dans son statut moyen, jusqu'à sortir de la maison familiale en quête d'aventures. Il croyait pouvoir vivre comme un peintre, au jour le jour, en se nourrissant simplement de ses rêves. Cela a fonctionné pendant six mois, lorsqu'un homme a bien voulu de son égocentrisme à toute épreuve. Maintenant, il fait partie des pauvres. Pauvre d'âme et d'esprit, peut-être plus encore que pauvre monétairement parlant. Statut marital ≈ Célibataire il est, célibataire il demeurera, bien que comme un adolescent il tombe facilement amoureux. C'est idiot, qu'il se dit, et en le voyant, on ne pourrait penser un seul instant qu'en lui cette faiblesse s’accroît de jour en jour, de regard en regard. Mais après tout, un cynique n'est qu'un romantique désenchanté. Orientation sexuelle ≈ On dit que c'est parce qu'il n'a pas eu de mère que Chris est devenu homosexuel, par frustration, une manière d'expliquer sa maladie sûrement. Cela aurait pu le faire sourire, avant. A vrai dire, cela l'a beaucoup fait sourire par le passé, autant que l'acceptation de ses penchants à Londres, dans les lieux qu'il fréquentait, et qu'il ne fréquente plus. Pourtant, ce n'est plus le cas, à présent, comme si la jeunesse était morte, disparue. Comme s'il ne restait plus que le cadavre  qui s'est tant de fois fait avoir, mais qui adorait cela, à l'époque. Métier ≈ On le dit peintre. Mais peut-on toujours être considéré comme un peintre quand on ne peint plus ? Doherty se le demande chaque jour. En réalité, c'est son travail de contrebandier qui lui permet de manger presque correctement, le reste n'est plus qu'un passé un peu amer, et un présent désastreux. Traits de caractère ≈ Observateur, désorganisé, égocentrique, sensible, réservé, mégalomane, cynique, novateur, audacieux, instable, susceptible. Avatar ≈ Dane Dehaan. Crédits ≈ Swan, tumblr.


Christopher Doherty


Un ≈ Chris fume. Beaucoup. Beaucoup trop, sûrement. Il en profite tant qu'il a encore de l'argent, maintenant qu'il ne peut plus en piquer, des paquets de clopes. Mais c'est un fait indéniable : Sa voix est rauque, et son deux pièces sent le renfermé. Ça lui donne l'air minable, et il tremble le matin quand il allume sa première cigarette, juste avant le grand saut. En fait, fumer lui sied plutôt bien. Deux ≈ Chris ne dort pas. Depuis la guerre, il n'y arrive plus. Il a même arrêté de se forcer, l'insomnie est bien là, aucun doute là-dessus, et le sommeil quant à lui se fait attendre, vile et fourbe. Ainsi il a appris à ne plus l'attendre, il fait sans, et parfois la journée il s'endort brusquement. S'en suit alors deux petites heures sans rêves ni cauchemars, juste du vide. Il ne saurait dire pourtant si cela ne lui fait pas plus peur que cela ne l'apaise. Trois ≈ Chris déteste lire. Chris déteste les animaux. Chris déteste le café. Chris déteste beaucoup de choses, et beaucoup de choses détestent Chris. En effet, ce gosse est d'une maladresse déconcertante. C'en est presque une fatalité. Il fait tomber les verres, les tasses, il y a plus de peinture sur ses murs que sur ses toiles et personne ne sait comment il arrive à gérer sa vie tout seul. Cinq ≈ Chris n'a jamais eu de style à lui, dans son art. D'ailleurs ce n'est même pas son art, parce qu'il a pompé, Chris, pendant toute sa jeunesse. Il a pompé et les œuvres et les artistes. Maintenant, cela a un peu changé, d'une certaine manière. Ses toiles ont changé, en tout cas. Elles sont rouges, des pieds à la tête. Rouge, rouge rouge. Ça vrille l’œil, c'est une claque en pleine figure, c'est brouillon et ça ne veut rien dire - sauf pour lui. Six ≈ Chris aime bien se plaindre, du moins il aime bien qu'on le plaigne, même s'il déteste la pitié - un oxymore à lui tout seul. En réalité, il se complaît totalement dans son malheur, dans la boue qui habite sa cervelle ramollie. Pourtant, son passé n'a pas été que tristesse, enfers et damnation. Par exemple, il s'y trouvait bien, à Londres, c'est entièrement de sa faute si son existence a dérapé, encore une fois. Il en rajoute un peu, donc, parce que Chris, il déteste la solitude, il veut qu'on s’intéresse à lui. Il a peur, tout seul, la nuit. Sept ≈ Chris a toujours l'air débraillé. Il l'est, concrètement. Que ce soit le matin ou le soir, ses cheveux ne sont pas coiffés, ses vêtements froissés, et des cernes dégueulasses se creusent à mesure que le temps passe sous ses yeux - dans ses yeux. Chris ne prend pas soin de lui. Chris ne prend pas soin des autres. A bien y réfléchir, Chris ne prend soin de rien du tout. Huit ≈ Chris mâche ses mots. Tout le temps. C'est fatiguant, de parler, et il est déjà assez crevé comme cela pour en rajouter une couche. Alors il faut tendre l'oreille quand il parle. M'enfin, depuis quelque temps on s'en fiche un peu, car personne ne prend plus la peine de lui adresser la parole. Neuf ≈ Chris aime bien sourire, en vrai. Il adorerait sourire plus souvent, à s'en faire péter les maxillaires. Comme si ça le démangeait. Comme si ça le dérangeait, de montrer un peu de joie. Mais vraiment, son sourire est sûrement la seule chose qui lui plaît chez lui : il est éblouissant, il irradie sur des kilomètres, comme le rire d'un enfant. Dix ≈ Chris aime bien gueuler aussi. Il gueule contre les impérialistes, contre le gouvernement, contre toutes les erreurs faites depuis des mois, si ce n'est des siècles. Mais finalement, Chris n'a pas de parti à soutenir, il n'y comprend rien de toute façon, parce qu'au fond de lui Chris s'en fout complètement. C'est simplement qu'il sait d'où il vient : du peuple. C'est simplement, aussi que ça ferait bien chier son père de l'entendre dire que l'Irlande les laisserait tranquille si on lui donnait sa foutue indépendance. Chris gueule juste pour gueuler et entendre le monde le détester, mais il crache à la gueule de ceux qui se rassemblent pour défendre une cause, quelle qu'elle soit. Ça l'occupe. Il s'ennuie, Chris, à Birmingham.



erebor, loïse, 16 yo

T'es arrivé ici comment ? ≈  :fuck: Tu penses quoi de ce joyeux bordel ? ≈  :fuck: Un truc à nous dire ? Une petite cassdédi ? ≈  :fuck: Le mot magique pour passer ≈ putorabais.  :chris:


≈ L'ENFER C'EST LES AUTRES ≈


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Dernière édition par Christopher Doherty le Ven 15 Mai - 13:17, édité 34 fois
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MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Mer 8 Avr - 14:12



j'avais envie de détruire quelque chose de beau.



Histoire




douze ans. Anita vit dans un quartier bizarre, dans une maison bizarre et avec une famille tout aussi étrange. Pourtant Chris aime bien. De toute façon, qui est-il pour faire une remarque sur tout cela ? Il se sent apaisé, chez elle, surtout quand le soir ils se retrouvent dans l'atelier de son père, où les effluves de térébenthine leur vrillent la tête. C'est enivrant. Ça lui donne l'impression de ne pas être seul. Ne plus être seul. Aujourd'hui, elle a déplacé un tabouret jusqu'au gigantesque chevalet qui trône au milieu de la pièce. Avec ses petits bras couleur ivoire. Et juste pour pouvoir faire quelques retouches à son oeuvre qui est déjà parfaite. Chris est impressionné par ce petit bout de fille, aussi délicate que du papier à cigarettes, aussi fragile qu'une bouteille de verre. Chris est impressionné par tout ici, par cette vie qui lui fait envie, cette famille qu'il envie, malgré le fait qu'elle soit déchirée. Un peu comme toutes les autres, finalement. Il s'amuse à faire des grimaces pendant qu'elle travaille, mais elle ne se ferait déconcentrer pour rien au monde. Avachi sur le vieux sofa, son ami s'ennuie en faisant semblant de fumer une cigarette - c'est qu'il y a bien un paquet de clopes, échoué dans un coin, mais pas les allumettes qui vont avec. Ça ne le dérange pas, il sait faire sans. Il n'a pas encore besoin de nicotine pour vivre. Il n'a pas encore besoin de s'occuper les mains à tout prix, même si cela nuit salement à sa dignité. Il joue encore. Anita aussi, d'une certaine manière, mais avec plus de sérieux que lui, parce que les passions se créent à partir du divertissement, mais pas que. Lui n'en a pas. Lui, tout ce qu'il veut, c'est qu'on le regarde. C'est comme cela qu'il se met à raconter une blague à peine plus drôle que la pluie qui tombe dehors, et Anita rit plus à cause de lui que de ses mots. Ça le fait sourire, et ses dents manquantes lui donnent un côté canaille, qui s'en ira quand elles auront repoussé. Ça ne le dérangerait pas qu'elle ne repousse pas. Il n'aime pas voir les choses s'en aller. « Quoi ? » demande-t-il brusquement, comme indigné. Rapidement, il finit par joindre son rire à la douce mélodie qui lui apaise les tympans. « T'es irrécupérable mon pauvre... » Il ne dit rien, parce que c'est la triste vérité. A la place, il se relève et s'approche d'elle, avec sa petite moue et ses cheveux en bataille. Ses yeux s'accrochent à la toile, où se prélasse une muse malade. « C'est joli. Enfin c'plus beau qu'mon dernier essai. Tu pourrais devenir riche, toi ! » Parce qu'il n'en est qu'au stade des tentatives, Chris. Anita, elle, est déjà bien loin. Et oui, elle pourrait devenir riche. Si elle n'était pas une femme. Si elle n'avait pas onze ans. Si elle ne portait pas son nom de famille mais celui d'un grand de ce monde. C'est comme cela que ça fonctionne, ici. Chris le sait. Mais il a l'espoir. Il espère pour elle. En ami. « C'est parce que j'suis ici depuis plus longtemps que toi... » Elle lui sourit. Elle est gentille. Elle s'occupe de lui, comme une mère pour son fils. Comme une enfant pour sa poupée. Elle espère pour lui. « Vraiment ? » Il y croit, un peu. Pas du tout. « Bien sûr que oui, Chris. Ça s'travaille, la peinture. Tout le temps. Tout s'travaille. » Il a un nouveau rire, plus cynique, comme s'il savait ce que le cynisme voulait dire. Pourtant, il redevient plus sérieux, petit à petit et se remet à penser. Des idées fourmillent dans sa tête, il les étale comme une confiture appétissante sur ses rêves d'enfant. Anita peint, songe aussi, sûrement. Pendant ce temps, leurs pères respectifs essaient de survivre, et leurs mères se font bouffer par les vers. Ils sont pareils. Une heure passe, et au bout d'un moment le garçon se décide enfin à rentrer, parce que sa meilleure amie veut aller se coucher, et que même si lui n'a pas envie de dormir, il respecte tout de même le sommeil des autres. Alors il descend les escaliers, fait le chemin dans le sens inverse et c'est en dix minutes qu'il revient dans le monde réel. Son père est à la table de la cuisine, la tête entre ses bras, il semble dormir, comme la bouteille vide à côté de lui - elle a fait son travail, après tout. Ils sont pareils. Chris se résigne donc à aller se coucher, lui aussi. Ils sont pareils. Les enfants oubliés de Londres. Le talent en plus pour Anita. Dans son lit, sous sa couverture qui le protège du monde extérieur, Christopher s'endort sur ces pensées-là. Si elle a le talent, alors lui aura la célébrité.


seize ans. Il ne sait plus quand tout a bien pu basculé, il ne sait plus comment il en arrivé là, dans la vie comme dans ce bar qui oblige ses yeux à se fatiguer sur à peu près un milliard de détails chaque seconde qui passe. Il sait simplement que c'est le plus beau jour de sa vie. Comme chaque jour depuis deux mois, un amas de nuit sans trêves, de soirées dont il ne se rappelle plus de rien, de soirées où il se fait accoster par des personnes qui ne savent que rire, et d'autres où il doit sans cesse aller pisser. Pour tout dire, il s'en fout. Chris se fout de tout. Il peut se le permettre, maintenant. Il peut jouer l’inaccessible, celui qui fume cigarette sur cigarette avec des airs mystérieux, échoué là, près du comptoir. Et ça lui plait. Bordel, que c'est bon, de faire semblant de ne pas vouloir des autres pour qu'ils vous sautent dessus, au lieu de vous oublier. « Ce soir, c'est moi qui paie. » La voix s'est immiscée dans son oreille afin de pallier aux instruments qui semblent s'animer d'eux-même, sur scène. Mais aussi parce que c'est sa manière de faire, et qu'il a bien vite remarqué que ça faisait plaisir à Chris, qu'on lui parle comme ça. Il ne l'appelle pas Blondie, ce soir. Peut-être parce que c'est lui qui paie, et qu'il a une idée en tête. « Je t'offre quoi ? Ils font de nouveaux cocktails, ici, on m'a dit qu'ils valaient le coup d’œil. » C'est aussi ce qu'on lui a dit pour Chris. Ce dernier hausse les sourcils, prend son temps pour répondre. Quand il parle, il a la voix assurée de ces pseudos artistes qui traînent ici, en quête de nouvelles expériences. Il a pris le coup de main rapidement, mais il ne s'en vante pas. C'est simple, de les imiter. Beaucoup plus que de reproduire les traits de pinceaux d'Anita, de les prendre comme modèle pendant toutes ces années - elle ne veut pas qu'elle vende ses tableaux, mais juste ses propres productions. Elle dit que c'est pas bien Chris. Du coup, il s'est mis au travail. Il faut se salir les mains, pour arriver à ses fins. « Non, pas ça. Une bouteille de champagne. » Son regard vient sonder celui du jeune homme à ses côtés. Il est plus grand que lui, plus fort aussi, et un peu plus vieux, vingt-cinq ans si sa mémoire est bonne. Pourtant, tous les deux savent qui gagne ce jeu. A chaque putain de fois. Trois minutes plus tard, Chris, tel Moïse, fend la foule avec sa bouteille de champagne. Il retrouve son sofa préféré, sur lequel il s'affale avec élégance. Son mécène le rejoint - Anita lui a expliqué le terme il n'y a pas longtemps - avec un peu d'argent en moins, certes, mais la promesse d'une soirée qui amortie grandement son investissement. Oui, leur relation est une histoire d'investissement. Chris le sait. Il a beau avoir seize ans, et être un peu bête, il l'a compris le premier, mieux c'est lui-même qui l'a voulu. Après tout, il faut bien quelqu'un pour vendre ses toiles. Pour le financer. Pour lui acheter de quoi manger, fumer. Pour le loger. C'est dans cette optique qu'il a débarqué ici, un soir. Il n'a pas eu peur, Chris. Il savait ce qu'il faisait. Il avait prévu le coup, avait révisé son discours, ses paroles. Ils l'ont vite accepté. Les artistes et les invertis aiment les garçons charmants. Pour eux, Chris est le petit prince. Pour eux seuls, certes, mais c'est mieux que rien. « On t'a jamais dit que tu avais des goûts de luxe, par hasard ? » Il se sent regarder, le gosse. Par son compagnon tout d'abord, puis par tous les autres, autour de lui. Alors il les regarde. Il prend cette peine. Ce qu'il voit le satisfait, un peu. C'est ici qu'il est le mieux, définitivement. Là où il faut faire semblant, et en même temps être soi-même. Un peu plus joyeux, il détourne le regard pour le détailler, et boit une gorgée en haussant les sourcils. Quand il parle enfin, un sourire de brigand illumine son visage. « Bien sûr que si. Le type là-bas, et lui aussi derrière le bar, tu vois ? Beh ils ont dit comme toi. Mais ils m'ont payé deux bouteilles. » Il montre du doigt, et rigole comme un enfant. C'est amusant, de le provoquer. Ça le fait marrer, de le voir se renfrogner. Comme s'il voulait être l'exclusivité. Ce qu'il a oublié, c'est qu'il n'y a que Chris qui peut l'être. Dans son monde, en tout cas. Dans celui de son père, il n'est sûrement déjà plus rien. Ou juste un mort. Mais cela ne lui fait ni chaud ni froid.


vingt-cinq ans. A dix-huit ans, Chris n'avait pas de matin. Il se réveillait à quinze heures de l'après-midi, la gorge sèche et les yeux rouges. Maintenant, il se réveille à l'aube. Du moins il fait semblant de se réveiller. Il fait mine de cligner des yeux, de s'étirer, puis il se lève et va s'allumer une cigarette ou deux en regardant l'eau bouillir dans la vieille cheminée. Comme si lui aussi était un de ces ouvriers se préparant pour aller à l'usine et trimer toute la journée. Comme s'il faisait partie de la masse grouillante de Birmingham.
Alors qu'il est encore là-bas, la tête enfouie dans la boue, le sang et les restes des soldats disparus.
Il aurait du y crever. Ça l'aurait un peu plus arrangé.
Mais à la place la musique du silence, le néant. Retour à la case départ. Comme chez papa-maman. C'est douloureux. Plus encore qu'une peine d'amour, que des accusations vaines, que les obus qui creusent les crânes, les tombes, les cœurs. Plus encore que la mort elle-même.
La solitude. La pire. Et Chris pourrait se l'avouer enfin, qu'il ne la supporte pas, que c'est exactement ici-même que l’abcès se trouve, vile, gigantesque. Ça résoudrait peut-être beaucoup de ses problèmes. Ou peut-être pas. Parce qu'il ne le fera jamais. Parce que c'est trop demander à un être tel que lui. Alors il continue. Il se voile la face. Il ne voit rien. Il a vingt-cinq ans mais c'est encore un enfant.
Il se déplace simplement dans son taudis miteux, couvert de crasse, il renverse les tasses, il se brûle, il maudit, il hurle. Mais jamais il ne pleure. Plus jamais.
Il a assez pleuré. Pendant quatre ans, sans interruption. La première semaine on voyait ses larmes, comme des ruisseaux dévalant ses joues poussiéreuses. Le deuil de son ancienne vie, de l'argent, du pouvoir et de la gloire. Et puis il a tué son premier homme. Lui. Chris. Celui qui durant toute son existence n'avait fait que tomber amoureux de ces derniers.
Ses larmes ont fait le chemin inverse. Ravalées. Disparues. Mais à l'intérieur, elles continuaient à se déverser. Aujourd'hui encore, c'est ce qu'elles font.
Transformées en acide.
Il peut les sentir, Chris. Et il se trouve idiot, d'avoir pensé un instant qu'en quittant Londres et tout le reste, elles ne le suivraient pas. Bien sûr qu'elles l'ont suivies. Elles sont partout. Elles l'empêchent de dormir. Elles l'irritent constamment. Même les cris n'apaisent plus.
Les cris n'apaisent plus rien.
Son thé est prêt. Ce n'est pas un anglais, Christopher. Ni même un français, ou encore un américain. Les gens disent qu'il vient d'une autre planète. Mais pour le thé, c'est autre chose. C'est son père, en réalité. Il disait : quand rien ne va plus, arrêtez tout et allez vous faire du thé.
Ou était-ce du whisky ?
Ou était-ce juste un putain de rêve ? Le rêve d'un père avec une voix, et pas juste une silhouette fantomatique.
Chris ne sait plus.
Alors il préfère laisser son thé là où il est, et attraper son flingue, juste à côté. Ses yeux se posent sur son chevalet bancal, fixement. Les larmes sont là. L'envie, aussi, un peu. Mais il ne saurait dire de quoi exactement. « Si je ne peins pas aujourd'hui, je tire. Je me tue. » Amen. Comme à l'église, c'est toujours la même rengaine. Et pourtant la main divine ne tire jamais. Elle est faible. Elle ne veut pas de ça. Malgré toutes les horreurs éprouvées, malgré le mal, malgré tout ce qui fait l'être humain.
Toutes les toiles rouges qui s'étalent sur le sol, mornes, pas assez belles pour en valoir la peine, pas assez vides pour représenter la fin.



≈ L'ENFER C'EST LES AUTRES ≈


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≈ ARRIVÉE : 05/04/2015
≈ IMPACTS : 222

≈ UN AUTRE : eoin murdock, l'emmerdeur de service.
≈ AVATAR : cillian murphy.
≈ ÂGE : 35 plaies infectées.
≈ MÉTIER : pilier de bar, alcoolique notoire et outre ces rangs foireux, il est ouvrier dans une usine de construction de bagnoles.
≈ DES ARMES ? : un mk4 reçu il sait même plus comment, ça peut toujours servir.
≈ GANG : il est pas pour, il est pas contre, disons qu'il profite plutôt de leur système - très bien même, surtout du côté des Muffled.



MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Mer 8 Avr - 17:28

:*-*: :pervers: :chica: :nyu:

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« i know what most of you think of me, that i’m a thug, a smuggler, rebel. that i started all of this, asked for it, a drunk who never did anything with his life and has caused all this trouble for everybody. well, i’m here today to tell you… that you’re right. i am. i am all of those things, and more. »

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MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Mer 8 Avr - 20:41

:beuh: :you: :string:

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≈ GANG : il est pas pour, il est pas contre, disons qu'il profite plutôt de leur système - très bien même, surtout du côté des Muffled.



MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Jeu 23 Avr - 12:33

Trop de :fuck: dans ta fiche. :perv:

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MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Jeu 23 Avr - 18:39

tu aimes ça, râle pas :laugh: :laugh:

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MessageSujet: Re: ☾ cowards and monsters    Jeu 23 Avr - 19:42

Continue donc de m'faire rêver, après on pourra en reparler. :think:

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